Dan Mullaney: “Washington dérangé par les «lois» régissant le commerce en Algérie !”
Le représentant-adjoint des États-Unis au commerce pour l’Europe et le Moyen-Orient, Dan Mullaney a indiqué qu’il était plus que jamais convaincu des moyens offerts à l’économie algérienne et américaine en termes d’investissement et de commerce, tout en soulignant en revanche l’opacité des lois et la législation algériennes qui ont besoin, selon lui, de plus de transparence, estimant que les questions des États-Unis visent à aider l’Algérie à accéder à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Lors d’une rencontre avec les représentants de la presse nationale au siège de l’ambassade américaine à Alger, Dan Mullaney a indiqué que les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint près de 7 milliards de dollars en 2014, en faisant remarquer qu’il y a une ambition de diversifier ces échanges en vue de créer des emplois et avec un meilleur salaire pour la main d’œuvre locale. « Nous soutenons ces efforts, car ils devraient à long terme contribuer au renforcement de la sécurité et la stabilité non seulement en Algérie mais aussi dans toute la région », a déclaré Mullaney, ajoutant que bon nombre de pays commencent à intégrer leur économie au système économique mondial à travers l’OMS, et ce en adoptant plus de transparence et moins de bureaucratie.
Par ailleurs, le responsable américain a vivement critiqué la cadre juridique et législatif algérien en faisant savoir que les compagnies et les entreprises américaines trouvent plutôt difficile le marché algérien du fait que la cadre juridique et les politiques changent fréquemment, ce qui conduit à des mesures discriminatoires à l’égard des compagnies étrangères, en plus des difficultés liées notamment à la protection de la propriété intellectuelle.
Mais par le dialogue qu’engageront les sociétés américaines installées en Algérie, l’on aboutira à réduire les entraves posées, estime-t-il.
Pour lui, les grandes sociétés américaines ont la capacité de s’adapter aux entraves que présente le marché algérien, contrairement aux différentes petites et moyennes entreprises (PME) qui elles rencontrent d’énormes obstacles.
Selon lui, enlever ces obstacles permet d’attirer plus de partenaires et de créer plus d’emplois au sein des PME algériennes dans un cadre gagnant-gagnant.
Lors de son allocution, le représentant-adjoint des États-Unis au commerce pour l’Europe et le Moyen-Orient a indiqué que le fait de disposer d’un cadre juridique clair en Algérie et dans le reste du monde est une chose très importante. « J’entends par ça, un cadre permettant à une entreprise investissant en Algérie de connaître les conditions qu’il faut respecter et les conditions qui ne changent pas du jour au lendemain », explique-t-il.
« Ce que nos entreprises ont pu constater ici en Algérie, c’est le retard accusé dans le dédouanement des marchandises importées, la délivrance de décision de création d’entreprise, le transfert des bénéfices et le transfert de capital et autres », ajoute-t-il.
L’envoyé de Washington a appelé à «plus de transparence du cadre juridique afin de motiver les investisseurs américains et du reste du monde, ce qui sera très bénéfique à l’économie algérienne».
A propos des nombreuses questions posées par Washington au sujet du processus d’adhésion de l’Algérie à l’OMC, notre interlocuteur a dit que les États-Unis cherchent à aider l’Algérie à y adhérer, indiquant que les pays membres de l’OMC ont pu créer plus de postes de travail, plus de croissance et des salaires meilleurs que ceux des pays qui ne le sont pas encore, rappelant que les questions de son pays otn pour finalité «à ce que l’Algérie adhère à l’Organisation et à ce qu’elle tire profit de son statut de membre de l’OMC».
S’agissant la règle 51/49, le responsable américain a dit que ce qui intéresse Washington c’est qu’il y ait de textes de loi contre la concurrence déloyale, ajoutant que «généralement, je ne parle pas de la règle 51/49 uniquement, mais du cadre juridique de manière générale».