Débat présidentiel en France : Macron s’impose face à Le Pen
Le débat télévisé entre les finalistes de la présidentielle française a viré au pugilat mercredi soir, Marine Le Pen accusant son rival de taille Emmanuel Macron de représenter la guerre contre tous, ce dernier dénonçant ses mensonges, lors d’un échange frontal et souvent décousu.
À trois jours du second tour des présidentielles en France, Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont affrontés mercredi soir dans le cadre du traditionnel débat de l’entre-deux tours. Marine Le Pen s’est immédiatement signalée en attaquant son adversaire avec beaucoup d’agressivité, tempérament auquel l’ancien ministre de l’économie a répondu avec la même véhémence.
Marine Le Pen a focalisé ses déclarations sur des attaques à l’encontre de son adversaire à la place d’énoncer ses propositions. Emmanuel Macron s’est, quant à lui montré plus appliqué dans la pédagogie.
Il est à signaler que depuis 1974 et le premier débat de l’entre deux-tours de la présidentielle, jamais le duel télévisé n’avait été aussi violent que celui-ci.
En effet, le débat passionnant a mis en exergue deux styles totalement différents. Marine Le Pen qui n’avait aucun argument n’a pas cessé de lancer des piques à son rival : « Vous êtes le candidat de la mondialisation sauvage, de la brutalité sociale, de la guerre de tous contre tous, du dépeçage de la France. Vous êtes l’enfant chéri du système et des élites », a-t-elle attaqué
Quant à l’ancien ministre de l’économie, qui a écouté sa rivale a notamment dévoilé : « Vous avez démontré que vous n’êtes pas la candidate de l’esprit de finesse. Vous êtes la véritable héritière d’un nom de l’extrême droite française », a-t-il rappelé l’accusant de porter « l’esprit de défaite », lui opposant son « esprit de conquête ».
Lors d’un échange tendu sur le terrorisme, Marine Le Pen a accusé Emmanuel Macron de « complaisance » avec le fondamentalisme islamiste. « Le lendemain de l’attentat sur les Champs-Elysées vous avez dit : je ne vais pas inventer un programme dans la nuit contre le terrorisme. Non seulement vous n’avez pas de projet, mais en plus vous avez une complaisance pour le fondamentalisme islamiste », a-t-elle poursuivi. « Vous êtes dans l’invective. Je ne suis pas énervé, parlez de votre projet et ne dites pas de bêtises sur le mien »,a répondu Emmanuel Macron.
Emmanuel Macron a alors rétorqué : « Je ne connais pas les dirigeants de l’UOIF, je ne les ai jamais rencontrés, je n’ai pas de relations avec eux ». Avant de balancer : « Le plus grand souhait des djihadistes c’est que Marine Le Pen arrive au pouvoir en France, car ils cherchent la radicalisation et la guerre civile. »
S’agissant de son passage du déplacement d’Emmanuel Macron en Algérie en février dernier, au cours duquel il avait affirmé que la colonisation française en Algérie était un « crime contre l’humanité, Le Pen a profité de cet argument pour pointer, au cours d’un vif débat, ce qu’elle considère comme la « responsabilité considérable de son adversaire dans « la haine qu’ont un certain nombre de jeunes à l’égard du pays.
«Est-ce que vous ne croyez pas que vous avez, vous, une part de responsabilité dans la haine qui se développe chez un certain nombre de jeunes ? Quand vous allez en Algérie pour accuser la France de crime contre l’humanité, c’est-à-dire le crime le plus grave qui puisse exister. Comment vous étonnez-vous que certains jeunes disent pourquoi on ne vient pas lui faire payer son crime ? Ne croyez-vous pas que vous avez une responsabilité considérable lorsque vous tenez ce genre de propos ? ».