Décès du prince héritier: des dirigeants du monde entier attendus à Riyad
Des dirigeants du monde entier étaient attendus à Riyad pour les obsèques mardi du prince héritier de l'Arabie saoudite, puissance régionale et poids lourd pétrolier, Sultan ben Abdelaziz, dont le successeur n'a pas encore été désigné.
La dépouille du prince héritier et ministre de la Défense, un octogénaire décédé samedi dans un hôpital de New York où il était hospitalisé depuis juin, devait être rapatriée lundi soir, selon la presse locale.
Le vice-président américain Joe Biden est attendu à Riyad ainsi que des chefs d’État et de gouvernement, dont le président pakistanais Asif Ali Zardari et le Premier ministre malaisien Najib Razak.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a envoyé un message de “sympathie” au roi Abdallah, alors que l’Iran n’a pas encore indiqué qui le représenterait aux obsèques.
Les tensions entre l’Iran et l’Arabie saoudite se sont accrues ces deux dernières semaines, Washington ayant accusé Téhéran d’être impliqué dans un complot présumé pour assassiner l’ambassadeur saoudien à Washington.
Le prince héritier doit être inhumé mardi lors d’une cérémonie brève et dépouillée, conformément à la tradition de l’islam wahhabite.
Le décès du prince Sultan est intervenu alors que le roi Abdallah, 87 ans, venait lui-même de subir une opération. Mais le souverain est sorti de l’hôpital samedi soir et est apparu capable de marcher en s’appuyant sur une canne, selon les images de la télévision.
Le nouveau prince héritier doit être choisi parmi les frères, tous vieillissants, du souverain saoudien, les fils du roi Ibn Saoud, fondateur du royaume.
Le puissant ministre de l’Intérieur, le prince Nayef ben Abdel Aziz, 78 ans, est favori, après être devenu en 2009 deuxième vice-Premier ministre.
Un nouveau ministre de la Défense et de l’Aviation doit également être désigné. Le prince Sultan occupait cette fonction depuis 1963 et avait modernisé les forces saoudiennes, concluant d’importants contrats d’armements avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.
Le choix d’un nouveau prince héritier pourrait être entériné par le “Conseil d’allégeance”, un Conseil restreint des Al-Saoud, la dynastie qui dirige l’Arabie saoudite depuis sa création en 1932, pour la première fois dans l’histoire du royaume.
Ce Conseil a été créé à la suite d’une réforme des modalités de succession introduite en 2006 pour assurer une transition pacifique du pouvoir dans cette monarchie ultraconservatrice du Golfe.Mais le recours à cette instance n’est pas encore certain, selon ces analystes.
“Le roi pourrait choisir le prince héritier sans avoir recours à cette instance, car le décret annonçant sa création indiquait que le roi et le prince héritier actuels n’étaient pas concernés par ce conseil”, a expliqué à l’AFP Fahd al-Arabi, président du centre de recherches Asbar à Riyad.
Le prince Talal ben Abdel Aziz, demi-frère du roi connu pour ses idées libérales, avait exprimé samedi “l’espoir que le conseil d’allégeance” choisirait le nouveau prince héritier.
Plusieurs Saoudiens interrogés ont affirmé soutenir le choix du ministre de l’Intérieur, un homme à poigne qui a supervisé la lutte contre Al-Qaïda au début de la décennie.