Deux morts dans des violences à Berriane
Le bilan des violents heurts qui ont à nouveau éclaté vendredi à Berriane dans la wilaya de Ghardaïa s’élève à deux morts, des centaines de blessés dont trois grièvement, et des dizaines d’habitations incendiées et saccagées.
- Les notables de la région œuvrent à apaiser les esprits avec ces nouveaux dérapages qui ont mis Berriane sens dessus-dessous suite à l’utilisation d’une arme à feu. Les dignitaires contactés par Echorouk affirment qu’il y a des manipulateurs qui sont derrière l’embrasement de la région. Malikites et Ibadites sont d’accord sur ce dernier point et appellent à la constitution d’une commission d’enquête pour remonter la piste des vrais agitateurs et commanditaires de ces heurts.
- Une des victimes, un enseignant de 42 ans a été tué vendredi par les balles d’un fusil de chasse près du cimetière Bab Essad. L’autre victime qui avait 17 ans, a été jetée vendredi soir du haut de l’étage d’une habitation au quartier Bab Essad également.
- Les affrontements ont éclaté au moment de la prière du vendredi et ont fait des centaines de blessés dont la plupart par balles et les brigades antiémeutes se sont déployées pour faire tampon entre les deux camps.
- Tout a commencé lorsqu’une rumeur s’est répandue faisant état d’une attaque contre la mosquée Bab Essad. C’est alors que des jeunes d’un quartier voisin s’en sont pris aux fidèles qui se dirigeaient vers la vieille mosquée de Sidi Semaha. Les affrontements se sont rapidement étendus aux autres quartiers accompagnés de saccages de maisons et de locaux commerciaux ainsi que la fermeture de la route nationale n°01. Le climat s’est relativement apaisé avant l’éclatement de nouvelles violences dans la matinée du samedi.
- Les notables mozabites ont condamné ces incidents précisant que l’information rapportée au sujet de l’attaque contre une mosquée n’avait aucun fondement et n’a servi qu’à l’incitation à la violence. Ceux qui ont propagé cette rumeur savaient que la rue, qu’elle soit malikite ou ibadite, était sensible à ce genre d’incident, ajoutent les notables qui appellent à la mobilisation de la gendarmerie pour garantir la sécurité. Une enquête doit être ouverte insistent-il et remonter jusqu’aux incidents de mars 2008.