Doha… en attendant une révolution financière
Les occidentaux brillent par leur absence à Doha où se tient la Conférence sur le financement du développement. La quasi-totalité des participants sont des demandeurs de financements; des pays pauvres auxquels on a fait miroiter la promesse d’une aide lors de la Conférence de Monterey au Mexique, en 2002.
- La conférence de Doha qui s’est ouverte samedi a réuni les représentants des pays qui s’inquiètent de la paupérisation de l’aide observée ces dernières années et pour rajouter à leur anxiété, l’absence flagrante des pays industrialisés, les bayeurs de fonds, exceptions faites du Président de la Commission Européenne José Manuel Barroso qui a déclaré « il est plus urgent que jamais pour les donateurs d’honorer leurs promesses d’aide »,
et du président de l’Union Européenne Nicolas Sarkozy dont le discours samedi qui insinuait que les promesses de 2002 sont caduques, a déçu les participants même si d’autre part, il a plaidé pour le maintien de l’aide et l’ouverture des institutions internationales aux pays émergeants. - Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, lui, n’a pas mâché ses mots en dénonçant du haut de la tribune « l’avidité du capitalisme occidental » et en prédisant la fin du régime sioniste.
- Laurent Gbagbo, le président ivoirien ne perd pas de vue les objectifs du rendez-vous et plaide pour la création d’une banque du sud pour favoriser les investissements.
- Le président Bouteflika, très lucide, quant à la prise de décisions face à la crise économique, n’a pas manqué de rappeler les recommandations de la réunion à Washington du G20 citant que «les économies émergentes et en développement, y compris les pays les plus pauvres, devraient pouvoir mieux faire entendre leurs voix et y être mieux représentées» et a proposé ensuite d’autres formules intéressantes. L’Algérie plaide pour une facilitation de l’intégration des pays en développement à l’OMC et pour une meilleure représentation des pays arabes et africains dans les différentes institutions internationales, ces clubs fermés ! Elle propose également l’instauration d’un comité de liaison entre le G20 et le G24 pour que les pays émergeants puissent avoir leur mot à dire dans les débats sur la crise financière internationale.
- La crise financière offrirait-elle un prétexte aux pays riches pour ne pas honorer leurs engagements ? Ainsi les objectifs pour le développement ont des chances de rester lettre mortes pour l’Afrique, en particulier. Et bien que l’absence des pourvoyeurs de fonds pèse lourd sur la Conférence de Doha, cette dernière dit haut et fort que les pays pauvres sont là et bien décidés à faire entendre leur voix.