Égypte : hommes, femmes, vieux et enfants demandent le départ de Hosni Moubarak
Des personnalités politiques égyptiennes ont décliné l’offre du nouveau chef du gouvernement, l’ex-commandant de l’aviation, Ahmed Chafik, d’obtenir des portefeuilles ministériels. Cette décision est un signe évident annonçant la fin prochaine du règne de Hosni Moubarak. En effet, certains observateurs estiment que le raïs vit ses derniers jours à la tête de l'Égypte.
La chaîne qatarie Al Jazeera a rapporté que Youcef Botros Ghali qui avait occupé le poste de ministre des Finances dans le gouvernement de Ahmed Nadif et fils de l’ex-secrétaire général de l’ONU, Botros Botros Ghali, a décliné l’offre de Ahmed Chafik de faire partie du nouveau gouvernement. D’autres personnalités, dont les identités n’ont pas été dévoilées, ont également refusé cette offre. Les ministères de l’Education et de l’Enseignement et du Tourisme sont toujours sans ministres. Cela montre clairement le refus des personnalités égyptiennes de travailler dans un régime en « voie de disparition ». En effet, certains analystes estiment que les jours de l’actuel régime sont comptés d’autant plus que la mobilisation populaire ne cesse d’augmenter et que la rue égyptienne bouillonne toujours. « Le nouveau gouvernement ne restera en place que quelques jours », estime-t-on. Le président Hosni Moubarak a remanié lundi son gouvernement pour tenter, sans succès, d’apaiser la colère de la rue égyptienne qui réclame son départ. Au septième jour d’une contestation sans précédent dans le pays le plus peuplé du monde arabe avec ses 85 millions d’habitants, des dizaines de milliers de manifestants se sont à nouveau rassemblés sur la place Tahrir, dans le centre du Caire, en scandant « Moubarak dégage » ou en chantant l’hymne national. « Ce que nous voulons est clair: nous voulons que Moubarak et sa clique s’en aillent. Nous n’accepterons rien d’autre », lançaient des manifestants. Un appel à la grève générale a été lancé lundi et les opposants à Moubarak ont annoncé une « marche d’un million de personnes» mardi pour pousser vers la sortie le chef de l’État au pouvoir depuis près de trente ans. Le soulèvement, sans précédent en Égypte, par son ampleur et son intensité, a éclaté mardi dernier pour protester contre la répression, la corruption et la pauvreté. Environ 140 personnes sont mortes dans les affrontements avec les forces de sécurité. Hosni Moubarak a tenté plusieurs fois de désamorcer la crise en annonçant des réformes économiques et en remaniant sa garde rapprochée, sans convaincre. Les États-Unis, dont l’ Égypte est le principal allié dans le monde arabe, ont accentué la pression en appelant dimanche à une transition en bon ordre..