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Égypte: l'armée prévoit de suspendre la Constitution, heurts meurtriers au Caire

الشروق أونلاين
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Égypte: l'armée prévoit de suspendre la Constitution, heurts meurtriers au Caire

Alors que les démissions se succèdent au sein du gouvernement égyptien, ébranlant chaque heure davantage le régime de Mohamed Morsi, l’armée a commencé à fournir, mardi 2 juillet, les détails de la feuille de route qu’elle appliquera, faute d’accord entre les différentes forces politiques du pays à la fin de l’ultimatum qui expire mercredi soir.

L’opposition a en outre annoncé que Mohamed El-Baradei, Prix Nobel de la paix en 2005, serait chargé de la représenter, et de “préparer un scénario” en vue de mettre en œuvre une “transition politique “.

  • Heurts meurtriers au Caire 

Des heurts meurtriers ont éclaté mardi au Caire entre partisans et opposants de Mohamed Morsi, qui manifestaient à nouveau en masse à la veille de l’expiration d’un ultimatum de l’armée appelant le président à “satisfaire les demandes du peuple”. Ces affrontements dans le quartier de Guizeh, dans le sud de la capitale, ont fait sept morts et des dizaines de blessés, dont plusieurs grièvement touchés par des tirs, ont annoncé des sources médicales. Des heurts ont également éclaté dans d’autres quartiers de la périphérie du Caire et dans la province de Beheira (nord).

  •  L’armée pourrait suspendre la Constitution et dissoudre le Parlement

L’armée égyptienne prévoit de suspendre la Constitution, de dissoudre le Parlement et de confier le pouvoir  à un “conseil intérimaire” majoritairement civil si le président Mohamed Morsi et l’opposition ne parviennent pas à un accord de partage du pouvoir  avant l’expiration de son ultimatum mercredi, ont indiqué des sources militaires.

Selon ces sources, le Conseil suprême des forces armées (CSFA) n’a pas encore finalisé les détails de sa “feuille de route” destinée à sortir le pays d’une crise politique qui a fait descendre des millions d’Egyptiens dans la rue pour réclamer la démission du chef de l’Etat. Le chef d’état-major de l’armée, le général Abdel Fattah Al-Sissi, a donné lundi quarante-huit heures au président Morsi pour accepter  les “demandes du peuple” et partager  le pouvoir  avec les autres forces politiques. Les deux hommes se sont rencontrés en fin de journée, ont indiqué des sources présidentielle et militaire.

  • L’opposition choisit El-Baradei pour la représenter

L’opposition égyptienne a choisi Mohamed El-Baradei, l’ancien directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, pour la représenter, a-t-elle annoncé mardi dans un communiqué. Le “Front du 30 juin”, qui rassemble les plus importants partis et mouvements hostiles au président islamiste Mohamed Morsi, a déclaré que M. El-Baradei serait sa “voix” et était chargé de “préparer un scénario” en vue de mettre en œuvre une “transition politique”. En outre, l’opposition a pris ses distances avec la ligne de l’armée, affirmant qu’elle ne soutiendrait aucun “coup d’Etat militaire” et soulignant que l’ultimatum ne signifiait pas que les militaires voulaient jouer un rôle politique, tout en réclamant la démission de Mohamed Morsi.

  • Rumeurs sur une démission du gouvernement

Le porte-parole de la présidence, Ehab Fahmi, et le porte-parole du gouvernement, Alaa Al-Hadidi, ont démissionné, mardi, dans la foulée de plusieurs ministres la veille. Depuis lundi, cinq ou six ministres du gouvernement, selon les sources, ont démissionné. Le dernier en date, Mohamed Kamel Amr, détenait le portefeuille des affaires étrangères. Aucun des ministres démissionnaires n’est membre des Frères musulmans, le mouvement islamiste dont est issu Mohamed Morsi. Ces nouvelles démissions isolent encore un peu plus le chef de l’Etat, auquel l’armée a donné lundi soir quarante-huit heures pour “satisfaire les revendications du peuple”, au lendemain de manifestations massives à travers tout le pays pour exiger le départ du président issu des Frères musulmans, élu il y a tout juste un an.

Selon une information d’Al-Arabiya,  non confirmée pour l’heure, le premier ministre, Hicham Qandil, aurait lui aussi remis sa démission. Mais le ministre de la justice a peu après démenti une information de la chaîne selon laquelle le gouvernement avait présenté collectivement sa démission au président Morsi. Selon l’agence officielle MENA, deux autres poids lourds du gouvernement – défense et intérieur – n’ont pas assisté au conseil des ministres mardi. Un compte à rebours pour Mohamed Morsi a été mis en ligne anonymement sur Internet.

Morsi prêt à “donner sa vie”

Les esprits se sont échauffés après le discours télévisé du président égyptien, fortement contesté dans la rue depuis une semaine. S’adressant à la télévision avec pugnacité, le chef de l’Etat issu des Frères musulmans, de plus en plus isolé après la démission de six ministres, a refusé de s’effacer pacifiquement du pouvoir. Il a indiqué qu’il “continuerait à assumer la responsabilité du pays”, présentant sa “légitimité” – un mot prononcé plusieurs dizaines de fois – comme “la seule garantie contre l’effusion de sang”. Affirmant qu’il était prêt à “donner sa vie”, il a martelé que le peuple l’avait “choisi lors d’élections libres et équitables”.

Appelant la population au calme et l’opposition au dialogue, il a affirmé que le pays devait encore panser les plaies laissées par l’ancien régime d’Hosni Moubarak. Il a aussi mis en garde contre le “piège” d’une violence “sans fin”, alors que les violences ont déjà fait 47 morts en une semaine de manifestations.

 

 

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Commentaires
1
  • louisa de Paris

    C est la solution la plus credible ,suspendre la constitution et inviter le peuple a se pronocer dans des elections anticipees et former un gouvernement de technocrates pour gerer la transition d un an au grand maximum.L Egypte est au bord de la guerre civile,si rien ne
    se realise,l echec de Morsi est total.