Égypte: le sang des victimes renforce la révolte des Égyptiens
Le nombre des victimes qui sont tombées durant les manifestations, sans précédent, contre le régime de Hosni Moubarak , a atteint 5 morts mercredi : 4 civils et 1 policier.
Des milliers d’Égyptiens ont manifesté pour la deuxième journée consécutive au niveau de plusieurs villes du pays, à l’instar du Caire, Alexandrie, Assiout et Giza. Les forces de sécurité ont fait face à ces manifestations et ont utilisé la violence contre les protestataires notamment durant la manifestation qui a eu lieu devant le Syndicat des journalistes égyptiens au Caire. Les services de sécurité égyptiens ont utilisé mercredi les gaz lacrymogènes et de l’eau chaude pour disperser les manifestants. Des centaines de personnes ont été arrêtées alors que des dizaines ont été blessées lors de ces affrontements. De nombreux avocats et des membres dirigeants du Parti du Travail ont rejoint la manifestation qui a tenté d’atteindre le centre du Caire. Parmi toutes les personnes arrêtées, 90 l’ont été dans le secteur de la place Tahrir, dans le centre du Caire et 121 à Assiout, au sud de la capitale égyptienne. Des milliers de manifestants sont sortis dans les rues d’Alexandrie et environ 1000 autres à Tanta. Le Mouvement du 6-Avril a assuré qu’au moins 40 jeunes ont été arrêtés lors de ces manifestations. Des heurts entre manifestants et policiers ont éclaté en Égypte où les protestations se sont poursuivies malgré la décision prise par les autorités égyptiennes d’interdire les manifestations populaires. Cela est arrivé alors que les autorités égyptiennes ont pris la décision d’interdire les manifestations contre le président Hosni Moubarak, a précisé le ministère de l’Intérieur égyptien. En effet, un communiqué de ce ministère a été publié, mercredi matin, annonçant l’interdiction de toutes manifestations ou protestations populaires. Fer de lance de la contestation, le « Mouvement du 6-Avril », un groupe de militants pro-démocrates, a appelé à ces protestations « pour demander le droit de vivre, la liberté et la dignité ». En dépit de l’avertissement du ministère de l’Intérieur contre tout « acte de provocation, rassemblement de protestation, marche ou manifestation », des militants n’y ont pas tenu compte et les rassemblements ont quand même eu lieu. Ces manifestations antigouvernementales, qui ont mobilisé des milliers de personnes à travers tout le pays, sont les plus importantes du genre survenues en Égypte depuis l’arrivée au pouvoir de Moubarak, âgé de 82 ans, en 1981. Dominées par des slogans demandant son départ, elles se sont inspirées de la révolte tunisienne qui a poussé à la fuite le président Zine El-Abidine Ben Ali à la mi-janvier. Des milliers de personnes manifestent contre la pauvreté, le chômage, l’inflation et la corruption et demandent le départ du gouvernement..
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