Égypte : l’opposition insiste sur le départ de Hosni Moubarak.
Hamdine Sabahi a indiqué que Moubarak a dû amender l’article 88 de la Constitution, permettant ainsi la protection judiciaire totale des élections.
Hamdine Sabahi, a considéré que selon le discours prononcé par le président Moubarak, ce dernier a pris en considération les revendications du Mouvement national. Il a ainsi indiqué,que Moubarak a dû amender l’article 88 de la Constitution permettant la protection judiciaire totale des élections. Il a ainsi cité les articles 76 et 77 de la Constitution auxquels le président a appelé à leur amendement. Selon Sabahi, cet article 88 est primordial. Il a également déclaré que la non-protection judiciaire totale aux élections permet la fraude et à dépouiller ces deux (2) articles de leur contenu. Sabahi avait prévu l’appel de Moubarak à une Assemblée nationale qui se chargera d’établir une nouvelle Constitution et non pas recourir à quelques modifications seulement de la Constitution actuelle. Mounir Fakhri Abdenour, de son côté, a indiqué que la situation actuelle de l’ Égypte est très dangereuse, « il nous appartient donc d’agir avec sagesse. Comme, il nous appartient également de traiter le chef de l’État avec un certain respect vu son histoire jugée par beaucoup, d’honorable ». « Laissez-nous reconnaître que Moubarak a perdu sa popularité en Égypte », a-t-il ajouté. Quant aux revendications de l’opposition, Abdennour a qualifié ces dernières de légitimes et il souhaite qu’elles se réalisent. Cependant, il a dit que ces revendications ne peuvent pas être effectives, vu que la Constitution égyptienne met toutes les prérogatives, auxquelles l’opposition appelle à leur changement, dans les mains du président Moubarak. Il a encore expliqué que la dissolution des deux (2) Conseils du peuple et consultatif (majlis echoura) ou l’organisation d’un référendum ne se fait qu’après l’accord du président comme le stipule la Constitution.Le secrétaire du parti « El Wafd » a ajouté que ces revendications ne vont être réalisées qu’à travers un transfert légal des pouvoirs, en faisant allusion également à l’existence d’une recherche constitutionnelle qui devrait être exposée à l’opinion publique. « L’Égypte a ouvert une nouvelle page de son histoire le 25 janvier dernier,laissez-nous donc l’ouvrir d’une manière constitutionnelle afin d’éviter l’anarchie qui pourrait coûter chèrement au pays »,a-t-il commenté. Vu les violentes manifestations qui ont secoué l’Égypte, un nombre d’économistes égyptiens ont affirmé que leur pays est en face à une crise économique. Dr.Djouda Abdelkhalek, enseignant à la faculté de commerce à l’Université du Caire et président de la Commission économique au sein du parti du Rassemblement, a dit que la sortie des citoyens dans les rues et ruelles de l’Égypte et le pillage des biens de nombreux locaux commerciaux ainsi que des banques ont sensiblement affecté l’économie du pays . A titre d’exemple, un propriétaire qui se voit voler ses biens ne pourra pas exercer son activité efficacement et n’arrivera pas non plus à payer ses employés ainsi que ses transactions stagneront. Cela va entraîner le gel d’autres activités, ce qui affectera sensiblement l’économie. Concernant l’impact du couvre-feu, décrété par l’ État égyptien, sur l’économie nationale, Dr.Djouda a souligné que d’importantes pertes sont engendrées par cette mesure et estimées à des milliards. Dans ce contexte, Dr. Kamil Imrane, doyen de la faculté d’économie et d’administration à l’Université 6-Octobre a annoncé de son côté, que la crise économique de son pays s’illustre dans la chute de la Bourse égyptienne et la forte baisse de la livre égyptienne(LE). Pour le Dr.Mohamed Youssef, même les prix des produits de première nécessité vont être revus à la hausse à la suite de leur pénurie et de la forte demande des citoyens pour ces produits. Ce sont donc des commerçants qui profiteront de l’occasion en l’absence de contrôle. Soulignons, enfin, que selon ce doyen, le couvre-feu a paralysé l’activité économique de plusieurs secteurs notamment le théâtre, le cinéma, les restaurants et les taxis..