El Hachemi Sahnouni : ” Une alliance islamique est dépassée par le temps “
« Une alliance globale des partis islamistes est dépassée par le temps en Algérie », a déclaré mercredi El Hachemi Sahnouni, ancien membre dirigeant du Front islamique du salut (FIS) dissous. S’exprimant au Forum d’Echorouk, il a expliqué qu’il aurait aimé unir les cœurs des chefs des partis islamistes en oubliant le passé afin d’unir les listes électorales de ces formations politiques.
Le président du Front pour la justice et le développement (FJD), d’Abdallah Djaballah, a pu gagner le soutien des membres dirigeants du Front islamique du salut (FIS) dissous. C’est ce qu’ a indiqué mercredi à Echorouk, l’ancien membre dirigeant du parti dissous, El Hachemi Sahnouni. Les anciens membres dirigeants du FIS dissous signeront, dimanche prochain, un communiqué dans lequel ils annonceront officiellement leur soutien à Abdallah Djaballah lors des prochaines élections législatives. Par ailleurs, ils appellent les autres membres représentant la base du FIS à soutenir et à voter pour les candidats du FJD. Intervenant mercredi au Forum d’Echorouk, El Hachemi Sahnouni a indiqué qu’il voulait réunir tous les partis islamistes autour d’un projet uni. Cependant, a-t-il expliqué, ses efforts se sont heurtés à des réserves émises par les chefs des partis d’obédience islamique. Selon El Hachemi Sahnouni, le président du Front du changement (FC), Abdelmadjid Menasra, a refusé que le Mouvement de la société pour la paix (MSP) garde ses portefeuilles ministériels. Il a refusé l’idée selon laquelle le président du MSP, Bouguerra Soltani, soit dans l’opposition tout en gardant ses ministres au gouvernement. Pour sa part, Abdallah Djaballah a refusé de nouer une alliance avec les mouvements Ennahda et El Islah à cause de ce qu’il a vécu lorsqu’il était à la tête de ces deux mouvements. Le président du FJD aurait déclaré qu’il ne pourrait plus faire confiance à ces mouvements. De son côté, Bouguerra Soltani a refusé de quitter le gouvernement, arguant qu’un tel retrait ne changerait rien. Fatah Rebai, président du mouvement Ennahda était, selon El Hachemi Sahnouni, le plus disposé à une alliance des partis islamistes.
L’alliance islamique est dépassée
Les partis d’obédience islamistes sont les plus soutenus par le peuple. « J’aurais aimé réunir tous les partis islamistes pour former un bloc uni avec un programme unique dans la perspective de réaliser un projet islamique », a déclaré El Hachemi Sahnouni. « Un tel projet est un « devoir » religieux », a-t-il ajouté. D’autre part, il a indiqué qu’il a rencontré récemment Abdallah Djaballah, président du FJD, et Abdelmadjid Menasra, président du FC, et leur a de nouveau fait la proposition de former une alliance islamique, cependant cela n’a pas abouti. En effet, les deux formations politiques ont décidé de participer aux prochaines élections législatives avec des listes différentes. Ainsi, la coordination entre les partis de ce courant se réduira à la surveillance des urnes. « L’alliance islamique globale est dépassée par le temps. J’aurais aimé unir les cœurs des chefs des partis islamistes en oubliant le passé avant d’unir les listes électorales. J’aurais aimé aussi une réconciliation au niveau du courant islamiste au profit d’un projet islamique », a-t-il conclu.