El Ibrahimi: « Celui qui veut le changement doit en payer le prix »
L’ex-ministre des Affaires étrangères, Ahmed Taleb El Ibrahimi affirme que « celui qui veut le changement doit en payer le prix » et que pour changer ce système, « il ne faut pas s’attendre qu’on vous offre la solution sur un plateau d’or ».
Dans une interview accordée au site électronique Al Hadath, El Ibrahimi déclare de prime abord que « ce n’est pas le président Bouteflika qui est en cause, mais tout le système», dont un « petit groupe » s’accaparait du pouvoir de désignation des présidents. Pour l’ex-ministre de l’Education, seul le peuple est habilité de désigner son président qui le gouverne et qu’il lui appartient de recouvrer son droit. Pour ce faire, El Ibrahimi a estimé qu’il fallait la conjugaison des efforts de la société civile et de la jeunesse.
Quant à sa lecture des évolutions survenues sur la scène politique, l’ex-chef de la diplomatie algérienne a indiqué: « Dieu Seul le sait! Mais aujourd’hui, je peux dire que les indications de la situation politique actuelle et l’insistance d’imposer un 4e mandat de Bouteflika ne feront qu’empirer la situation davantage », a-t-il estimé.
En exprimant ses vives craintes du sort de l’Algérie au lendemain du scrutin du 17 avril prochain, Ahmed Taleb El Ibrahimi a ajouté: « Nous aurions souhaité que face au refus de la rue d’un quatrième mandat de Bouteflika, et les réactions de l’opposition à un autre mandat de 5 ans pour le président malade (Que Dieu le guérisse) l’entourage de Bouteflika se retire et agir positivement mais en vain ».
Selon lui, les circonstances actuelles ne favorisent pas un autre mandat, et c’est ce qu’ils doivent comprendre et admettre.
A une question de notre consœur, Fatiha Bourouina, au sujet de publication des communiqués dénonçant le fait accompli imposé par l’entourage du président qui exerce un « continuel forcing politique », El Ibrahimi a avoué leur impuissance: « Il ne nous reste plus rien…nous avons signé un communiqué conjointement qui a trouvé un écho positif. C’est à la jeunesse de poursuivre le combat, et elle a du pain sur la planche».
Par ailleurs, l’ancien MAE a indiqué qu’il existait des hommes politiques pouvant constituer une alternative, y compris le candidat Ali Benflis.