Énergie: La menace russe glace l’Ukraine
Gazprom, le géant gazier contrôlé par l'État russe avertit l’Ukraine: il cessera ses livraisons de gaz à partir du 1er janvier si les deux pays ne s'entendent pas d'ici là sur un nouveau contrat.
- C’est devenu une évidence. Dès que la Russie gèle le gaz, l’Europe attrape froid ! Le russe Gazprom fournit à l’Union Européenne 40 % de son gaz mais Moscou ne peut pas faire la fine bouche lorsque les hydrocarbures représentent environ 70 % des recettes d’exportations. Or, les deux tiers des exportations de gaz russe sont destinés à l’Europe.
- Néanmoins, la Russie ne compte pas faire de cadeau à l’Ukraine, d’ailleurs le passé tumultueux entre les deux parties n’est pas pour arranger les choses. Le président lui-même avait exigé jeudi que l’Ukraine rembourse à Gazprom sa dette évaluée à 2,4 milliards de dollars par Moscou, et Gazprom a poursuivi dans ce sens en accordant un délai de cinq semaines à l’Ukraine pour régler le litige.
Ce n’est pas la première fois que Moscou et Kiev se fâchent pour le gaz. Un conflit entre les deux pays sur ce sujet avait déjà engendré en janvier 2006 une interruption temporaire des livraisons vers l’Europe, puisque le gaz russe destiné à l’Union Européenne transite par l’Ukraine. Gazprom demande le remboursement “complet et sans conditions” par l’Ukraine de sa dette conformément à l’accord signé le mois dernier par les premiers ministres des deux pays. Cet accord prévoit notamment une augmentation graduelle aux prix du marché” d’ici 2011, mais à condition que l’Ukraine rembourse sa dette.
- Cette nouvelle tension entre Moscou et Kiev est soutenue par la crise financière qui affecte plus encore l’Ukraine qui a déjà eu recours au FMI, mais également un bras-de-fer interne qui oppose le président ukrainien Viktor Iouchtchenko, et son Premier ministre Ioulia Timochenko. Vendredi, Iouchtchenko avait ordonné au gouvernement d’honorer la dette, le tenant pour responsable du conflit avec Moscou qui risquerait avait-il lâché d’entraîner “la colonisation de l’Ukraine”. Des mots durs qui avaient fait l’effet d’une douche froide à plus d’un. En attendant c’est l’Europe qui risque de recevoir une douche glaciale, en plein cœur de l’hiver, si le problème n’est pas résolu.