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Entretien avec Abou Yahia, ancien trésorier de la Katibat El Arqam

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Entretien avec Abou Yahia, ancien trésorier de la Katibat El Arqam

D’emblée, Youcef M., alias Abou Yahia, ancien trésorier de la faction terroriste El Arqam, présente ses excuses à tout algérien à qui il aurait fait du mal de près ou de loin. Notre interlocuteur, originaire de la commune de Legata, était en tête de la première liste des dix terroristes recherchés par les services de sécurité au milieu des années quatre-vingt-dix. Il a par la suite adhéré à la charte pour la paix et la réconciliation nationale, exprimant ses regrets pour les années passées dans les rangs terroristes et au cours desquelles il a été notamment responsable de la gestion des fonds de 12 sarya (peloton) au niveau de la wilaya. Dans cet entretien, il nous parle, entre autres, de la destination de l’argent des terroristes.

  •  Comment avez-vous rejoint le maquis ? 
  • C’était en 2001, dans des conditions très particulières. Mon cousin était responsable dans la sarya de Legata et rendait souvent visite à la famille. J’étais bien évidemment en contact avec lui, je ne le soutenais pas, mais il tentait de me convaincre du bien fondé de l’action terroriste et me faisait miroiter une activité digne au sein du groupe, étant lui-même le chef de la sarya.
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  • Avez-vous trouvé l’image qu’il vous décrivait ? 
  • Pas du tout. Au départ, je refusais d’accepter sa proposition, mais malheureusement il m’avait impliqué dans une affaire de financement, en m’obligeant à assurer le transport d’un de ses éléments. Je pensais alors que ça serait l’unique fois où il se servirait de moi. Cependant, lorsque des informations sont parvenues aux services de sécurité et qu’un mandat d’arrêt à été émis à mon encontre, mon cousin a réussi à me convaincre de rejoindre les rangs terroristes. Au début, les choses se passaient plutôt bien, ma tache était limitée à la surveillance de l’équipement et de l’approvisionnement, mais ça n’a pas duré longtemps.
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  • N’avez-vous pas tenté de fuir et de retourner près de votre famille ?
  • Ce n’était pas possible pour deux raisons: la première est que l’émir de la sarya a ordonné d’exécuter quiconque songerait au repentir. La seconde, ce sont les informations qui me parvenaient faisant état de condamnations à la perpétuité par contumace à mon encontre. De plus, mon cousin savait où j’habitais et il pouvait facilement me retrouver ou s’en prendre à ma famille.
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  • Quelles sont les fonctions que vous-avez occupées avant de devenir trésorier de la plus importante katiba de l’organisation ?
  • J’ai été d’abord responsable de la cellule de recrutement. J’étais plus précisément chargé de l’entrainement et de la distribution des tâches, y compris de la répartition des nouvelles recrues sur les sarya relevant de la katibat Al Arqam. Je n’ai pas brillé à ce poste car j’avais pitié des jeunes et des mineurs enrôlés, je ne voulais pas qu’ils soient utilisés comme boucliers humains face aux forces de l’armée. L’émir de la katiba qui a découvert ma position, m’a alors chargé de coordonner le travail entre les différentes sarya, jusqu’au jour où j’ai été blessé dans un accrochage. J’étais comme paralysé, car je suis resté plus d’une semaine avec une balle dans l’épaule. La responsabilité des finances m’a été donc confiée, une tâche qui ne nécessitait pas trop de déplacements, de plus, j’avais déjà été comptable dans une entreprise avant de rallier le maquis.
  • La quantité d’argent collectée des années durant quand j’étais parmi les groupes terroristes, est inimaginable. Une quantité faramineuse ramassée de différentes manières. Je devais récupérer l’argent des sarya. 60% de cet argent était destiné à l’émir national, Abou Mosaab Abd El Wadoud, alors que 20% était destinées aux émirs des sarya et les 20% restants allaient aux éléments armés, exclues les nouvelles recrues.
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  • Comment était justifié l’important pourcentage destiné à l’émir national ?
  • S’opposer ou même s’interroger sur cette question était interdit. Mais on disait que l’émir national utilisait cet argent pour garantir les armes et les munitions que les autres soldats terroristes finançaient également de leur part. En réalité, cet argent, y compris celui des émirs de sarya, était blanchi dans différents projets profitant à leurs familles qui se sont enrichies à vue d’œil, sans qu’elles ne soient pour autant inquiétées.
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  • Avez-vous déjà rencontré l’émir national ?
  • Non. Tout ce que nous savions de Droudkal Abdel-Malek, c’était les ordres et les circulaires signés de  lui qui nous arrivaient régulièrement. Nous voyions ses émissaires mais ses réunions se tenaient dans le plus grand secret et n’y assistait que certains comparses très proches de lui.
  • Comment avez-vous rompu avec l’action terroriste ?
  • Lorsque mon parent était à la tête du groupe, ma situation était privilégiée. Mais quand il a été descendu par les services de sûreté en 2007, un nouvel émir a été désigné et j’ai commencé à flairer le danger autour de moi et entrevis la possibilité d’embrasser ma famille. Ce ne fut pas facile. J’étais étroitement surveillé ce qui n’a fait qu’accroitre ma détermination à me repentir surtout après la décision de me muter à la sarya de Lakhdharia pour m’éloigner de ma région. Lors d’une visite chez moi, j’ai convenu avec mon frère de communiquer la date du mouvement à la sécurité qui pourrait tendre un piège que je mettrais à profit pour me rendre. C’est ce qui est arrivé alors que j’étais en route avec 11 éléments dont quatre ont péri durant l’accrochage. Lors du sauve qui peut, j’ai réussi à me rendre aux services de sécurité.
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