Entretien Rice-Ben Ali: antiterrorisme et droits de l'Homme au menu
La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice s'est entretenu samedi avec le président Zine El Abidine Ben Ali, lors d'une visite en Tunisie, deuxième étape d'une tournée au Maghreb commencée vendredi en Libye, a constaté une journaliste de l'AFP.
La coopération antiterroriste et les droits de l’Homme devaient être au menu de la discussion, au palais présidentiel de Carthage, non loin du lieu de résidence de Mme Rice, un palace en front de mer soigneusement gardé, a-t-on indiqué dans son entourage.
La question du respect des droits de l’Homme et le dossier des Tunisiens détenus à Guantanamo et de ceux qui ont déjà été livrés par Washington aux autorités tunisiennes devaient être évoqués par Mme Rice à Tunis.
Deux anciens détenus, Abdallah Hajji et Lotfi Lagha, ont été livrés et condamnés l’an dernier en Tunisie, dix autres se trouvent encore à Guantanamo. Les associations américaine Human Rights Watch (HRW) et britannique Reprieve ont exprimé des craintes de mauvais traitements contre ces détenus, mais Tunis a régulièrement réfuté des “allégations sans fondement”.
La secrétaire d’Etat américaine devait rencontrer son homologue tunisien Abdelawaheb Abdallah, avant de gagner Alger dans l’après-midi, une visite prévue au cimetière américain en hommage aux soldats tombés durant la Seconde guerre mondiale ayant été annulée.
La lutte contre le terrorisme devait être au menu des entretiens de Mme Rice en Algérie, où Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI – ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat, GSPC) reste active.
Mme Rice était arrivée dans la nuit de vendredi à samedi en provenance de Tripoli, où elle avait eu une rencontre sans précédent avec le dirigeant Mouammar Kadhafi et un entretien avec son homologue Abdel Rahman Chalgham.
La tournée, qui la conduira également en Algérie et au Maroc, intervient dans un contexte de menace terroriste contre Mme Rice qu’un jihadiste a appelé à assassiner durant son périple au Maghreb.
Cette tournée offre “une occasion unique pour la tuer avant la fin de son mandat de secrétaire d’Etat”, écrivait ce jihadiste dans un appel lancé sur un site internet islamiste à la branche maghrébine d’Al-Qaïda.
Selon SITE Intelligence Group, cet appel a été lancé par un jihadiste anonyme sur Al-Ekhlaas, le site le plus utilisé par les groupes islamistes radicaux dont le réseau d’Oussama ben Laden.