Falsifications de cartes grises et autres documents: des fonctionnaires de la daïra d'el Harrach impliqués
Une enquête menée par les services de sécurité sur la commercialisation et la falsification de documents de vehicules volés en France et Maroc de marque Mitsubishi, a dévoilé l’implication de plusieurs responsables et fonctionnaires de la daïra et de la mairie d’el Harrach.
L’affaire remonte au 13 juillet dernier suite à des informations parvenues à l’équipe de recherche et d’investigation de la sureté nationale d’Alger. L’équipe a démantlé un réseau criminel organisé activant au niveau de la région d’el Harrach, spécialisé dans la commercialisation de vehicules volés de marque Mitsubishi. Ces vehicules sont introduits illégalement sur le territoire algérien et sont vendus avec des documents falsifiés aux marchés de Tidjelabine, del Harrach et de Boufarik. Il est a été découvert par la suite que le premier responsable du service des cartes grises (K.N), un agent travaillant au guichet de légalisation des document à la mairie d’el Harrach (Z.F), un fonctionnaire du service de l’état civil chargé de légaliser les documents délivrés par le service de (C.R), un fonctionnaire au service de légalisation des papiers au niveau de la mairie (A.N), et un fonctionnaire a des cartes grises de la daïra d’el Harrach (R.A) ont été impliqués par el Hadj.K, la tête pensante de la bande. L’objectif de ce réseau était de vendre les véhicules volés, la falsification de documents administratifs, le trafic et l’escroquerie. Les investigations des services de sécurité ont conduit à l’interception d’un véhicule de marque Mitsubishi conduit par l’accusé dénommé S.A qui était accompagné par un autre accusé à savoir B.A. Le premier a déclaré que le véhicule lui appartient et qu’il l’a acheté pour une somme de 270 millions de centimes à Tidjelabine. Il a, par ailleurs, indiqué qu’il le revendrait à une autre personne à 300 millions de centimes. L’acheteur lui aurait même fixé un rendez-vous pour accomplir les formalités administratives à la mairie. En interrogeant la personne qui voulait acheter le véhicule, il a indiqué qu’il avait des soupçons sur les documents du vehicule, alors il ne s’est pas présenté à la mairie pour accomplir les formalités de vente. Soulignant, par ailleurs, que les investigations menées au niveau du bureau national de l’Interpol ont dévoilé que plusieurs véhicules de marque Mitsubishi font objet de recherches en Algérie après leurs vols au Maroc le mois de mai dernier, dont le véhicule intercepté par l’équipe de recherche et d’investigation d’Alger. L’accusé S.F a reconnu qu’il travaille comme chauffeur chez l’accusé B.A, le propriétaire du vehicule saisi. S.F a avoué, en outre, qu’il a vendu un vehicule de la même marque (Mitsubishi). L’enquête a dévoilé que l’accusé H.K connait les personnes arrêtées, vu que son frère travaille avec eux dans la commercialisation de vehicules. Selon lui, les documents retrouvés dans sa chambre, à savoir des dossiers administratifs, des photocopies de cartes grises, de passeports, de permis de conduire, des cartes grises françaises ainsi que des photos d’identité de différentes personnes. Il a indiqué qu’il garde tous ces documents pour intervenir en leurs faveurs auprès des services concernés. Il a prétendu, en outre, que le document administratif cacheté et signé à blanc appartenait à un fonctionnaire de la commune qui l’aurait oublié dans sa chambre. Des documents très sensibles ont été également retrouvés au domicile du frère de H.K. Il s’agit notamment de certificats d’invalidité d’anciens moudjahidine. El Hadj K a reconnu qu’il était la tête pensante de ce réseau et qu’il falsifiait les documents délivrés par la commune d’el Harrach avec la complicité de certains fonctionnaires. Il s’agit des dénommés H.K, F.Z et N.A en contrepartie de sommes d’argent allant de trois (3) à cinq (5) millions de centimes pour chaque personne, selon le besoin et le nombre des dossiers.