Fermeture de la frontière algéro-marocaine: 20 ans après
Vingt ans jour pour jour se sont écoulés, après la fermeture de la frontière algéro-marocaine survenue au lendemain de l’attentat de Marrakech qui a eu lieu le 24 août 1994.
Vingt ans après, le climat entre Alger et Rabat reste tendu notamment après les propos tenus par les responsables des deux pays, dont ceux du Maroc étaient les premiers à tenir des déclarations provocatrices à l’égard de l’Algérie.
Côté algérien, la réponse du ministre des AE, Ramtane Lamamra était diplomatique.
Pour rappel, les relations algéro-marocaines s’étaient dégradées depuis l’attentat ayant pris pour cible « l’hôtel de Marrakech » le 24 août 1994, où Rabat a accusé les autorités algériennes d’être derrière l’attentat ayant entraîné la mort de touristes étrangers à Marrakech. Dès lors, Rabat avait décidé unilatéralement de fermer sa frontière et Alger avait fait ainsi. Depuis, les relations ne cessaient de se détériorer après les tentatives marocaines d’inonder le marché algérien du cannabis et d’acheminer le carburant algérien depuis les villes frontalières.
En parallèle des propos haineux des officiels marocains, les autorités marocaines intensifient leurs appels pour la réouverture inconditionnelle des frontières avec l’Algérie.
Cependant, l’Algérie a posé trois conditions, à savoir “l’arrêt immédiat de la campagne de dénigrement médiatique, et la position hostile grandissante envers l’Algérie ; la coopération complète, pragmatique et efficiente en vue d’arrêter les attaques contre l’Algérie au sujet du trafic de drogue, et l’obligation pour le Maroc de reconnaître définitivement que l’Algérie a une position constante et irréversible envers l’affaire du Sahara occidental”.
Pour le général-Major à la retraite, Abdelaziz Medjahed, l’analyse la plus fidèle des relations algéro-marocaines était celle du regretté Houari Boumediène qui a déclaré qu’il n’y avait pas de l’espoir en les régimes non-nationalistes qui ne servent pas les intérêts de leurs peuples et qu’il fallait plutôt bâtir un Maghreb des peuples et non un Maghreb des régimes.
Contacté par Echorouk, le général-major à la retraite s’est interrogé: « Comment faire confiance à un régime qui empoisonne notre jeunesse avec des tonnes de drogue ? Devrait-on faire confiance à un régime qui traite avec Israël?»
Ayant la même politique expansionniste sioniste, El Makhzen cherche à créer le Grand Maroc allant de Tanger au fleuve Sénégal, ajoute-t-il en jugeant juste la position algérienne qui refuse d’ouvrir sa frontière en dépit des multiples appels marocains.
De son côté, le chercheur marocain, Mohamed Drif estime que la question sahraouie était à l’origine de la dégradation des entre l’Algérie et le Maroc, qualifiant les déclarations de part et d’autre de l’arbre qui cache la forêt.
L’analyste a ajouté que les points de vue entre les deux ont divergé au cours de ces vingt dernières années, marquées par la position algérienne vis-à-vis de la question du Sahara occidental basée sur le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination tandis que Rabat insiste sur la récupération de ses territoires au Sud.