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France/ Débat sur la laïcité : dissensions au sein de l'UMP

الشروق أونلاين
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La polémique continue à faire rage mardi, dans les rangs de l’UMP (majorité au pouvoir) sur l’opportunité du débat sur la laïcité, stigmatisant l’Islam, qui se tiendra le 5 avril, à la demande du président français Nicolas Sarkozy…

 

  La veille,  c’était François Baroin, ministre du Budget et porte-parole du gouvernement qui  se distinguait  des troupes de l’UMP,  en semant le trouble sur l’opportunité d’un tel débat, affirmant qu’il fallait « y mettre fin et s’écarter de tout ce qui peut, de près ou de loin, donner l’impression de stigmatiser », et soulignant que l’immense majorité des français « sont des républicains » et qu’il fallait « réaffirmer » ces valeurs républicaines. Premier de cette formation,  à critiquer ouvertement ce  débat,  François Baroin n’est cependant pas le seul  à exprimer ses doutes sur l’intérêt  d’une réflexion  sur l’exercice du culte musulman en France, pourtant validé par le chef de l’Etat français.

 Le Premier  ministre François  Fillon  est  de son côté,  accusé par le secrétaire général de l’UMP Jean François Copé, qui lui  reproche  sa « posture » et de  ne pas « jouer collectif » à propos  cette conférence  très  controversés. Un tacle qui intervient au lendemain de la déconfiture du parti aux cantonales, face la monté du Front national (FN-extrême droite). François Fillon qui  en  fait, n’a jamais été très à l’aise sur la question, avait notamment affirmé publiquement qu’il  « s’opposerait à ce débat s’il devait être centré sur l’islam » ou « d’une manière ou d’une autre » conduire à « stigmatiser les musulmans ».  D’autres voix résonnent également dans la majorité au pouvoir  pour s’interroger sur l’intérêt d’un tel débat. Il en est ainsi du ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, ou encore le président du Sénat, Gérard Larcher, qui ont  mis en garde Jean-François Copé sur les risques « d’un débat insuffisamment préparé ».  Le député Patrick Devedjian  ou  le président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer ont aussi fait part de leur préoccupation.  

 Interrogé par la presse  sur l’intérêt  d’une telle réflexion qui  stigmatise l’Islam, le Grand rabbin de France Gilles Bernheim a exprimé son « inquiétude » de voir les religions et la laïcité instrumentalisées. « Je sais qu’il est souvent difficile d’être musulman en France. Cette difficulté s’alourdit aujourd’hui dans un climat malsain, aggravé par un discours en vogue qui divise au lieu de rassembler », déclare le Grand Rabbin de France, qui a expliqué avoir dit à Jean-François Copé qu’il n’était « pas convaincu » de l’opportunité de ce débat qui risque « de figer les positions,  d’organiser les antagonismes et de stigmatiser une partie de la population française ». Le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil  Boubakeur, qui a décliné l’invitation de participer à ce débat  sur l’Islam qu’il a qualifié de « très controversé » avait affirmé qu’il suscite « une très vive émotion  et une grande inquiétude des musulmans qui se sentent stigmatisés dans l’exercice de leur foi ». 

 

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