France: Guéant annonce une nouvelle circulaire sur le travail des étudiants étrangers
Face à la mobilisation grandissante dans les universités et aux réserves émises au sein du gouvernement et du patronat, Claude Guéant a annoncé vendredi soir une nouvelle circulaire sur le travail des étudiants étrangers qui va « compléter » celle controversée du 31 mai, en « levant les malentendus ».
Des voix se sont élevées en France contre la circulaire ministérielle signée par le ministre français de l’Intérieur, Claude Guéant, qui empêche les diplômés étrangers de rester travailler en France une fois leurs études terminées. Le texte contesté demande aux préfets d’instruire « avec rigueur » les demandes d’autorisation de travail des étudiants, et d’exercer un « contrôle approfondi » des demandes de changement de statut des étudiants étrangers. Après sa publication, de nombreux diplômés étrangers, dont certains très qualifiés, qui avaient été recrutés dans des entreprises françaises, n’ont pas pu obtenir un changement de statut « d’étudiant à salarié », un sujet d’inquiétude pour universités et grandes écoles, ainsi que pour le Mouvement des entreprises de France (Medef) est une organisation patronale représentant les dirigeants des entreprises françaises.
Le secrétaire national de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) en charge de la lutte contre la précarité et la pauvreté, Charles Givadinovitch a énoncé « l’état de précarité dans lequel se trouvent les étudiants étrangers très qualifiés ». Selon lui, cette situation doit cesser. « C’est absurde que des étudiants et jeunes actifs, éduqués dans le système français au sein de nos universités et grandes écoles, se voient refuser un visa de travail, même lorsqu’ils sont déjà dans une entreprise ». Et de poursuivre: « Fiers d’appartenir à la communauté française au sens large, ces étudiants sont les premiers à respecter nos valeurs ainsi qu’à les faire rayonner. Avec cette circulaire, de nombreux étudiants qualifiés s’interrogent sur le fait de venir étudier en France. C’est très regrettable pour l’attractivité du pays ». « Ayons le courage et l’humilité politique de supprimer cette circulaire afin de ne pas contraindre ces étudiants à aller réussir ailleurs », s’insurge Charles Givadinovitch.
La mobilisation contre la circulaire Guéant n’a faiblit pas. Estimant la circulaire « moralement inadmissible, politiquement dangereuse et économiquement absurde », une soixantaine d’intellectuels, universitaires, réalisateurs, avocats et médecins ont lancé, le 10 décembre, une pétition réclamant son abrogation et intitulée « Notre matière grise est de toutes les couleurs ». Les signataires de la pétition, dont Patrice Brun, président de l’université de Bordeaux 3, Anne Lauvergeon, ex-patronne d’Areva, Albert Fert, prix Nobel de physique ou Pierre Rosanvallon, professeur au Collège de France, s’engagent à « parrainer » les diplômés étrangers dans leurs démarches et à les « protéger ».
Face à la mobilisation grandissante dans les universités et aux réserves au sein du gouvernement et du patronat, Claude Guéant a annoncé vendredi soir une nouvelle circulaire sur le travail des étudiants étrangers qui va « compléter » celle controversée du 31 mai, en « levant les malentendus ». L’annonce est intervenue après une rencontre vendredi matin entre Claude Guéant et Nicolas Sarkozy. « Une circulaire spécifique » sera « adressée aux services préfectoraux » début 2012 après une réunion « dans les premiers jours de janvier » entre les ministères concernés et des organisations de l’enseignement supérieur.