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Frik: “Les walis sont des marionnettes du Pouvoir”

الشروق أونلاين
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L’ancien wali d’Oran, Bachir Frik, a révélé que la corruption s’est répandue dans les wilayas et les communes et que le wali et le maire étaient des marionnettes du Pouvoir qui exécutent des instructions immorales, en plaidant pour une loi régissant la fonction du wali qui ignore comment il est désigné et limogé de son poste.

Présentant ses deux livres intitulés « Les walis au service de qui ? », « Les élus locaux: corrompus ou victimes ?» au forum d’Echorouk en présence de l’écrivain Nadir Masmoudi et du journaliste Abdelali Rezzagui, l’ancien wali d’Oran a dit qu’il veuille faire à travers ses deux ouvrages un témoignage sur la souffrance endurée par les walis et les élus locaux, dont le maire. Selon lui, le citoyen ne voit en ces responsables que le côté apparent, à savoir le service public, comme la distribution de logements et ignore en revanche tant de côtés, comme par exemple la manière dont un wali est désigné et démis de ses fonctions, la  relation qui le lie à la Présidence, aux ministres, à l’armée et à la justice avec l’existence de grosses pressions que le Pouvoir exerce sur lui et qui en décidera de son sort.

« Des walis obéissent aux généraux »

Par ailleurs, Bachir Frik a fait savoir que 70% des investissements passent par la wilaya qui est une institution au service de l’Etat et de la société et qu’aucun projet de développement ne soit  lancé qu’avec la présence du wali. Mais la décennie noire a, selon lui, connu l’apparition d’une espèce de « walis obéissant aux généraux et aux hommes d’affaires ». Quant aux pressions qu’il ait subies du Pouvoir, il a dit qu’il s’agisse d’une « monnaie courante. En Algérie, le wali ne sait ni quand il sera désigné ni quand il sera limogé, car il n’existe pas de statut particulier régissant et organisant sa fonction ». « Le wali est un représentant du gouvernement. Mais en vérité, il reçoit des instructions des ministres les plus influents, comme le ministre de l’Intérieur », a-t-il fait remarquer.

Seules les élections législatives et locales de 1991 étaient transparentes

Dans le même sillage, Frik n’a pas manqué de révéler l’implication des walis dans la fraude électorale au cours de ces dernières années. « Depuis l’avènement du multipartisme en Algérie, les walis étaient devenus des marionnettes du Pouvoir qui les oriente à son aise, y compris lors des élections ». Par ailleurs, il a précisé que seules les élections législatives et locales du 26 décembre 1991 et du 12 juin de la même année étaient transparentes et épargnées de la fraude électorale.

Les élus locaux dépourvus de toute prérogative

S’agissant des élus locaux, Bachir Frik a indiqué que ceux-ci n’aient absolument aucun pouvoir en raison du système décentralisé, ajoutant que le responsable n’agisse que sur des instructions, car toute opposition de sa part lui vaudra son poste. En outre, il a tenu à expliquer que le wali n’était pas plutôt corrompu car il arrive, fréquemment,  que celui-ci fasse des choses contre sa propre volonté.

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