Ghaza accueille dans la liesse les prisonniers libérés par Israël
Grâce à l'accord d'échange de Gilad Shalit, 297 détenus palestiniens ont quitté leurs prisons israéliennes pour rejoindre la bande de Ghaza ce mardi.
C’est jour de fête nationale à Ghaza. Des centaines de milliers de personnes ont suivi depuis ce mardi matin le trajet des prisonniers palestiniens relâchés à l’aube par les autorités israéliennes, en échange de Gilad Shalit. Sur les 477 détenus remis en liberté dans le cadre de l’accord signé entre le Hamas et Israël, 297 sont rentrés à Gaza par le terminal de Rafah, à la frontière avec l’ Égypte.
C’est à Rafah que les retrouvailles ont eu lieu avec les familles, acheminées en car par le Hamas. Des proches bouleversés, dont certains n’avaient pas revu les leurs depuis plusieurs dizaines d’années. Cent trente prisonniers rentrent ce mardi chez eux et retrouvent leur maison, tandis que les autres, originaires de Cisjordanie ou de Jérusalem, sont expulsés à Gaza à la demande d’Israël. Les détenus ont également été accueillis à la frontière par le Premier ministre du gouvernement Hamas, Ismaël Haniyeh.
Les prisonniers sont vus comme les futurs leaders palestiniens
A l’extérieur du terminal de Rafah, des milliers de personnes de toutes les factions palestiniennes, agitant les drapeaux du Hamas, du Fatah et du Djihad islamique, se sont pressées contre les grilles pour apercevoir les prisonniers, considérés comme des héros par tous les Ghazaouis.
“Les prisonniers sont très importants pour le peuple palestinien, qui les considèrent comme des combattants pour la liberté, note Mkhaimar Abusada, professeur de sciences politiques à l’Université d’Alazhar de Ghaza. Ils ont défié l’occupation israélienne, ils sont vus comme les futurs leaders palestiniens, la population les respecte infiniment et elle est prête à tout pour les faire rentrer”.
Pour canaliser la foule massée tout le long de la route qui mène de Rafah à Ghaza City, le gouvernement a posté des hommes des brigades Al Qasam, la branche armée du Hamas, cagoule noire sur le visage et lance roquettes sur l’épaule. Le Hamas, en perte de vitesse depuis plusieurs années dans l’enclave palestinienne, veut ainsi montrer qu’il a obtenu par la résistance armée la libération historique de plusieurs centaines de prisonniers palestiniens.
Le Hamas souligne sa victoire
Les Palestiniens de Ghaza, qui ne travaillent pas aujourd’hui -la journée a été déclarée fériée- se sont ensuite rassemblées dans le centre de Gaza City, sur l’immense place d’Akatiba, noyée sous les drapeaux verts du Hamas, pour un rassemblement populaire d’au moins 200 000 personnes à la gloire des prisonniers libérés.
Le Hamas, par qui la libération de 1027 prisonniers palestiniens est arrivée (477 aujourd’hui et 550 d’ici deux mois) a gagné en popularité auprès des Gazaouis. Mahmoud Zahar, l’un des chefs du Hamas à Ghaza, entend profiter de cet élan pour stigmatiser le Fatah et le président de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie. “Là où Mahmoud Abbas a échoué à faire relâcher un seul membre du Hamas, nous avons fait libérer des Palestiniens de tous les partis, islamiques et nationaux”.
La prochaine étape, pour le Hamas, est de faire libérer les 5000 Palestiniens toujours derrière les barreaux en Israël.