Gordon Brown doit il menacer l'Iran de nouvelles sanctions ?
Le Premier ministre britannique Gordon Brown devait menacer lundi à la Knesset l'Iran d'un durcissement des sanctions internationales face à son programme nucléaire controversé et fustiger les déclarations “répugnantes” de son président sur Israël.
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Peu avant le discours que devait prononcer M. Brown, la secrétaire d’Etat américain Condoleezza Rice, en route pour les Emirats arabes unis, a lancé un avertissement sans ambiguïté à Téhéran.
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“S’il n’y pas de réponse sérieuse dans deux semaines nous aurons toujours la possibilité d’exploiter la piste de New York”, a dit Mme Rice, en référence au Conseil de sécurité de l’ONU, en menaçant de mesures “punitives” ultérieures.
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M. Brown, qui effectue sa première visite au Proche-Orient, devait prononcer à la mi-journée devant les députés israéliens un discours dont des extraits ont été communiqués à l’avance.
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“L’Iran est confronté à un choix clair: suspendre son programme nucléaire et accepter nos offres de négociations ou bien être de plus en plus isolé et confronté à la réponse collective” de nombreux pays, devait déclarer M. Brown, premier dirigeant britannique à s’exprimer devant le Parlement israélien.
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M. Brown n’exclut pas “des sanctions plus larges couvrant le secteur du pétrole et du gaz”, a indiqué son porte-parole.
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“Rien ne doit être exclu à cet instant, comme l’a toujours dit (M. Brown) mais nous nous concentrons pour le moment sur un durcissement des sanctions pour maintenir la pression sur l’Iran”, a-t-il ajouté.
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Samedi, des discussions à Genève se sont achevées sans réelle percée, l’Iran ayant désormais deux semaines pour répondre à l’offre des représentants du groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) d’un “gel pour gel”.
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Il s’agit d’un maintien dans un premier temps de l’enrichissement d’uranium à son niveau actuel tandis que les Six renonceraient à durcir les sanctions existantes.
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Le Moyen-Orient a été traversé par de grandes tensions au cours des dernières semaines avec des exercices militaires israélien et iranien d’envergure et des déclarations belliqueuses de part et d’autre.
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Téhéran a annoncé début juillet avoir procédé à des essais de missiles, dont l’un, le Shahab-3, a été présenté comme capable d’atteindre l’Etat hébreu.
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Fin juin, le New York Times a révélé que des manoeuvres militaires israéliennes avaient eu lieu en Méditerranée pour préparer l’armée à une éventuelle attaque contre les installations nucléaires d’Iran.
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“Tout comme la Grande-Bretagne a mené les efforts dans trois résolutions contraignantes de l’ONU, je vous promets qu’elle continuera avec détermination d’être le fer de lance – avec les Etats-Unis et nos partenaires européens – dans les efforts pour empêcher un programme nucléaire militaire iranien”, devait ajouter M. Brown.
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Les pays occidentaux et Israël redoutent que le programme nucléaire civil de Téhéran ne cache un volet militaire. A ce titre, ils réclament l’arrêt de l’enrichissement d’uranium, une mesure exclue par le régime islamique qui dément chercher à obtenir l’arme nucléaire.
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Le chef du gouvernement britannique devait par ailleurs vilipender les déclarations qualifiées de “répugnantes” du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui a menacé à plusieurs reprises de rayer Israël de la carte et a tenu des propos négationnistes sur la Shoah.
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“A ceux qui remettent en question le droit même à l’existence d’Israël et menacent la vie de ses citoyens par le terrorisme, nous disons: le peuple israélien a le droit de vivre ici, de vivre librement et de vivre en sécurité”, devait dire M. Brown.
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“Il est totalement détestable de la part du président iranien d’appeler à ce qu’Israël soit rayé de la carte du monde”, selon les extraits de son discours.