Grande stupéfaction des opposants de Bouteflika
Nombreux sont les partis politiques qui ont manifesté leur inquiétude quant à un verrouillage de la sphère politique par ce remaniement ministériel opéré à la veille des élections présidentielles, et s’inquiètent d’un éventuel déroulement de l’échéance dans les conditions non démocratiques, au moment où d’autres formations revoient leur copie quant à leur participation à ce rendez-vous crucial.
« Remaniement du gouvernement inhabituel tant dans la forme que dans le timing »
Le remaniement du gouvernement intervenu à six mois des élections présidentielles ayant éjecté 11 ministres, dont les plus proches du président de la République, a suscité des craintes chez les partis d’opposition qui n’ont pas caché leur soupçon d’éventuelle fermeture de jeu par le pouvoir, mais sans pour autant les dissuader de participer à la prochaine échéance, quoi qu’ils pensent que les résultats sont connus d’avance.Ces formations semblent continuer à réaliser leurs initiatives lancées il y a de cela des mois, en vue d’élire un candidat pour entrer en lice lors de ce rendez-vous de 2014.Pour le président du Front pour le changement (FC), Abdelmadjid Menasra, la Constitution donne droit au chef de l’Etat de remanier le gouvernement, mais la procédure cette fois-ci, d’après lui, sort d’ordinaire tant dans la forme, le timing ainsi que la conjoncture. « Un remaniement opéré à la dernière minute pour s’attribuer le quart de pouvoir restant », dit-il, en estimant que cela ne fait que servir un quatrième mandat.Ce qui intéresse le plus le FC, selon son président, est que ce nouveau remaniement au sein de l’équipe de Sellal n’entrave pas un déroulement des élections dans le respect du principe de la démocratie et en pleine transparence et à ne pas affecter la stabilité du pas eu égard des circonstances du pays au plan régional. De plus, Abdelmadjid Menasra, estime que les développements qu’a connus le pays sur le plan politique, ne devraient pas empêcher les partis d’aller de l’avant de leurs initiatives et leurs programmes en vue de jeter leur dévolu sur un candidat de consensus, d’autant que le pays a tant besoin d’un changement démocratique.Pour ce faire, le patron du FC donne comme conditions d’un candidat de consensus de: s’engager à gouverner pendant un seul mandat, mettre en place un gouvernement d’entente nationale, réformer la Constitution, organiser des élections législatives et locales anticipées et promouvoir la réconciliation nationale.En effet, il dit qu’il n’est contre aucun candidat à la présidentielle, car selon lui un candidat de consensus devrait éviter au pays les conflits idéologiques, mais sans manquer d’afficher ses craintes quant au déroulement de l’échéance électorale dans des conditions non-démocratiques.
« Notre participation à la présidentielle n’est pas pour gagner, mais pour élargir la base militante du parti »
Le membre du staff dirigeant du Front pour la justice et le développement (FJD), Lakhdar Benkhellaf a dit que les circonstances actuelles n’encouragent pas de participer aux élections car « le candidat du pouvoir sera imposé, et que nous ne traitons pas du sujet de ce rendez-vous avec enthousiasme ». quant aux incitatives lancées par certains partis, Lakhdar Benkhellaf, estime que ces derniers cherchent à se faire parler d’eux dans la presse, tandis que d’autres, selon lui, tentent de faire des alliances avec les grosses pointures, à l’image de l’ex-secrétaire général du FLN et candidat à la présidentielle de 2014, Ali Benflis.D’autres, dit-il, observent de loin la situation, comme le FJD en attendant ce que décidera le pouvoir. C’est pourquoi, selon notre interlocuteur, la scène politique reste immobile.S’agissant de la participation de sa formation à la prochaine élection présidentielle, Lakhdar Benkhellaf, nous a confié que cette participation a pour but d’élargir la base militante du parti, permettre aux militants d’acquérir d’expérience dans ce rendez-vous car « nous connaissons désormais la situation, dont la façon dont a été traitée la crise du FLN est une meilleure illustration ». S’ajoutent à cela selon lui, l’amputation du DRS (Département du renseignement et de la sécurité) de plusieurs de ses prérogatives suivi du remaniement ministériel. Toutefois, il n’a pas caché son inquiétude quant au sort des dossiers de corruption, en l’occurrence les affaires de Sonatrach dites 1 et 2.