Groupe des 19-3: «Ô Monsieur le Président, nous voulons vous voir en chair et en os… »
«Ô Monsieur le Président, nous voulons vous voir en chair et en os…nous ne voulons que ça ». C’est en ces mots que les signataires de la lettre adressée au chef de l’Etat, qui reste toujours sans suite, ont réagi en doutant que « le pouvoir parallèle » ne tient pas au courant le président de la République sur beaucoup de questions.
Par ailleurs, le « groupe des 19-3 » a répliqué aux accusations faites à leur encontre en interrogeant Saâdani et Ouyahia: « Qui êtes-vous?».
Les signataires semblent plus déterminés d’y aller jusqu’au bout de leur revendication de rencontrer le président Bouteflika.
S’exprimant lors d’une conférence de presse animée dimanche au siège du PT, ils ont affirmé avoir reçu un grand soutien de la part des personnalités et des citoyens.
« Qui sont ceux qui s’attaquent contre nous…sont-ils délégués par le peuple ou parlent-ils au nom du Président? », se demande la secrétaire générale du PT, Louisa Hanoune.
« Le train a démarré. Nous sommes des personnalités qui souhaitent rencontrer Bouteflika en chair et en os. Nous ne sommes pas des putschistes mais nous voulons le tenir informé sur les dépassements que commet le pouvoir parallèle qui ne le tient pas au courant sur bon nombre de questions », soutient la patronne du PT.
« La campagne virulente contre les signatures est une criminalisation de la pratique politique. Ceux-ci ont montré que Bouteflika est incapable de répondre car ils lui ont confisqué la parole », insiste-t-elle.
Hanoune a démenti que le groupe ait réclamé une période de transition, l’application de l’article 88 de la Constitution et qu’il ne doute pas des capacités morales du Président qui remplit ses activités et reçoit des chefs d’Etat.
Le moudjahid Lakhdar Bouragaâ s’est montré agacé par les critiques venus de l’entourage du président de la République. « Il y en a ceux qui nous ont conseillés d’écrire nos mémoires sous prétexte que nous sommes vieux – en faisant allusion à Ali Haddad- vous ne savez pas ce qui se passe dans le pays et vous et vos semblables seront des titres pertinents de nos mémoires», dit Bouragaâ.
« En l’absence de la justice, un gang de voleurs apparait », soutient-il, et « c’est pourquoi nous demandons d’être reçus par le Président».
Pour la moudjahida Zohra Drif-Bitat, l’un des motifs les poussant à demander de rencontrer Bouteflika, c’est bel et bien la parution d’un décret sur le journal officiel français portant l’indemnisation des soldats de l’armée française ayant « participé à des opérations à l’étranger» et sur le sol de douze (12) pays, y compris l’Algérie ». Ce que la moudjahida juge de dépassement dangereux et une atteinte à la souveraineté nationale.
« C’est la raison pour laquelle nous souhaitons voir Bouteflika, car il ne se tairait pas face à ces dépassements s’il était au courant», soutient-elle.
De son côté, le moudjahid Djilali Guerroudj a dit que les signataires ne cherchaient pas des postes de responsabilité mais de voir le Résident et faire entendre la voix du peuple.
« Nous respectons le président Bouteflika et comme tous les Algériens, nous lui souhaitons un prompt rétablissement», poursuit-il.