Houellebecq accusé d’attiser la «haine contre les musulmans»
L’écrivain Michel Houellebecq, un des plus célèbres de France, est accusé par la Grande Mosquée de Paris d’avoir tenu « des propos très graves » au sujet des musulmans dans une entrevue accordée récemment à une revue. La Grande Mosquée a donc porté plainte officiellement mercredi devant le procureur de la République de Paris en présumant que ces propos représentent une « provocation à la haine contre les musulmans ».
Dans un communiqué publié mercredi 28 décembre sur Twitter, la Grande Mosquée de Paris annonce son intention de porter plainte contre l’écrivain suite à “des propos très graves sur les musulmans de France”, publiés en novembre dernier dans Front Populaire, la revue politique de Michel Onfray.
“Le souhait de la population française de souche, comme on dit, ce n’est pas que les musulmans s’assimilent, mais qu’ils cessent de les voler et de les agresser. Ou bien, autre solution, qu’ils s’en aillent”, estime le lauréat 2010 du Prix Goncourt dans le cadre d’une discussion avec le philosophe. “Quand des territoires entiers seront sous contrôle islamique, je pense que des actes de résistance auront lieu”, dit encore l’auteur de 66 ans. “Il y aura des attentats et des fusillades dans des mosquées, dans des cafés fréquentés par les musulmans, bref des Bataclan à l’envers.”
La liberté d’expression est reconnue constitutionnellement en France, mais le pays prévoit plusieurs exceptions à l’exercice de ce droit fondamental. Il existe notamment, depuis 1972, un « délit de provocation publique à la haine raciale ».
La source de la réaction est un long entretien entre Michel Houellebecq et le philosophe Michel Onfray publié par Front populaire dans son dernier numéro. La revue de commentaire politique fondée en 2020 se veut opposée aux élites, au président Emmanuel Macron, au libéralisme économique et à l’Union européenne, et favorable à une démocratie plus directe, souverainiste.
L’écrivain y dit notamment : « Quand des territoires entiers seront sous contrôle islamique, je pense que des actes de résistance auront lieu. Il y aura des attentats et des fusillades dans des mosquées, dans des cafés fréquentés par les musulmans, bref des Bataclan à l’envers. »
- Houellebecq ajoute : « Le souhait de la population française de souche, comme on dit, ce n’est pas que les musulmans s’assimilent, mais qu’ils cessent de [la] voler et de [l’]agresser. Ou bien, autre solution, qu’ils s’en aillent. »
La plainte cite précisément ces « phrases lapidaires » dans sa démarche contre l’écrivain, d’après un communiqué diffusé sur Twitter. « Dans un État de droit, le recours au juge est le moyen normal de débattre en citoyen des violations de la loi, et c’est ce droit qu’exerce la Grande Mosquée de Paris, en s’appuyant sur les jurisprudences rendues pour toutes les religions », dit le texte.