Interdiction du port de vêtements courts à l’université
Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a donné une instruction à l’ensemble des instituts, facultés et universités d’interdire le port de vêtements courts tant pour les garçons que pour les filles.
La décision du ministère de l’Enseignement supérieur a été saluée par bon nombre d’organisations estudiantines, d’enseignants et personnel des universités ayant monté au créneau pour dénoncer la façon dont s’habillent les universitaires…!
Désormais, plus de jupe-mini, ni short, ni panta-court ne sont autorisés à l’université algérienne. Tout étudiant ou étudiante portant ce type d’habits, sera interdit d’accéder à l’enceinte de l’université.
La décision fait suite à l’interdiction d’une étudiante, originaire d’Oran, d’accéder à l’université de Droit (Alger) pour passer le concours pour l’obtention d’un certificat d’aptitude à la profession d’avocat (CAPA), elle qui portait une jupe jugée « très courte » par l’agent de sécurité.
Cette interdiction a suscité une avalanche de réactions, tant sur la Toile que sur les réseaux sociaux.
Le recteur de l’université d’Alger, Tahar Hadjar, a affirmé que l’instruction émane du règlement intérieur de l’université algérienne qui oblige des étudiants de respecter cet espace de savoir en s’habillant de manière décente.
Selon Hadjar, les vêtements courts sont contraires aux bonnes mœurs ainsi qu’à l’éthique de l’université.
Pour lui, la décision de l’agent de sécurité d’interdire à la candidate au concours de (CAPA) est juste et conforme au règlement intérieur de l’université, jugeant également que l’étudiante n’a « pas respecté l’université ».
De son côté, l’Union générale des étudiants libres (Ugel) a salué la décision bien qu’elle soit « tardive », vu la façon dite provocante qui se propage dans le milieu universitaire.
Le secrétaire général de l’Ugel, Samir Anser, a affirmé que « l’instruction affichée depuis deux jours à l’entrée des universités a été largement saluée par la communauté étudiante, enseignants et personnel, d’autant plus qu’elle coïncide avec l’approche de la saison estivale, où répandent les vêtements transparents et les décolletés à l’enceinte de l’université ».
« L’Ugel a depuis toujours appelé à une charte d’éthique de l’université qui commence maintenant à voir le jour, après cette nouvelle instruction qui interdit le port de vêtements courts », poursuit-il.
Une étudiante interdite d’accès à un examen décisif
En revanche, des organisations et associations féminines ont critiqué la décision du recteur de l’université d’Alger, Tahar Hadjar, défendant un agent de sécurité qui a empêché une étudiante portant une mini-jupe d’accéder à la faculté de Droit de Saïd-Hamdine (Alger).
L’époux de l’étudiante en question a lui-aussi critiqué la réaction de l’agent de sécurité, en l’accusant de bureaucratie et d’avoir brisé la carrière universitaire de sa femme qui s’apprêtait à passer le concours d’obtention du CAPA.
Irritées par la décision, plusieurs voix féministes se sont élevées pour dénoncer l’interdiction d’accès à l’étudiante en question. Nadia Dridi, présidente de l’Association de promotion et de protection de la femme a de son côté interpellé le ministre de l’Enseignement supérieur à intervenir pour permettre à l’étudiante de passer le concours, d’autant qu’il n’existait, d’après elle, aucune instruction empêchant les étudiantes d’accéder à l’université en raison de leur style vestimentaire. « Je suis contre les vêtements provocants et j’ai toujours demandé aux femmes de s’habiller de manière décente. Mais, il est inadmissible d’interdire à une étudiante de passer un concours décisif pour avoir porté un vêtement court… », soutient-elle.
De son côté, NaÎma Salhi, présidente du Parti de la justice et du manifeste (PJM) a critiqué la décision de Tahar Hadjar, affirmant que celui-ci aurait dû afficher la note interdisant le port d’habits courts à l’entrée de l’université, avant de l’empêcher de passer un examen décisif.
Pour elle, l’agent aurait dû lui-aussi laisser l’étudiante entrer, estimant que le changement se fait progressivement et non pas avec l’usage de la force.