Intervention étrangères au Sahel / Manipulation ou réalités, quelle est donc la part des choses ?
Ahmed Ouyahia remet les pendules à l'heure. Il “taquine” la presse et lance une mise en garde contre toute intervention etrangere.
-
Au delà du jeu de questions réponses auquel il s’est prêté avec les journalistes venus assister à la conférence de presse qu’a tenu, vendredi matin, en marge de la tenue du conseil national de son parti, le RND, Ouyahia “titille” ce parterre en annonçant le non retour “du crédit à la consommation” non sans avoir “phagocyter” le mouvement de protestation des enseignants et praticiens de la santé, l’assimilant à une tentative de “déstabilisation des structures de l’Etat”. Mais, le must de sa plaidoirie réside dans la résolution du conseil national du RND. S’agissant de politique extérieure, celle-ci traite de la stabilité des pays riverains du sahel et d’une quelconque “intention” d’intervention étrangère dans la région. Dans sa résolution finale, le parti que préside Ahmed Ouyahia rejette toutes ingérences qui risquent de faire de cette région “un foyer de tensions dangereuses”. Il lancera un appel “aux peuples et forces politiques des pays du sahel” afin d’appuyer davantage les engagements de leur gouvernement pour œuvrer pour la paix, la sécurité et le développement de la région. Les récentes déclarations attribuées à l’ambassadeur de France à Alger, Xavier Driencourt, d’ailleurs vite démenties par ce dernier diplomate, ne semblent pas avoir été du goût d’Alger qui a réagi par le biais de son premier ministre, en l’occurrence Ahmed Ouyahia. L’existence d’une ” cooperation sécuritaire intense et forte entre Paris et Washington dans la région du Sahel pour lutter contre l’influence d’Al-Qaida au Sahel” derange Alger qui voit cela d’un mauvais oeil la considerant comme une ingerence qui ne dit pas son nom. Cela confirmerait aussi la presence des deux principaux acteurs entrés en scène, la France et les USA qui auraient été cités par le diplomate confirment les crainte d’Alger qui réalise que l’on tente de bousculer sa démarche politique vis-à-vis de la région du Sahel et du Maghreb. Si l‘existence de manœuvres au Sahel reste une réalité visible, Celle, la plus occulte, mais, ne disant pas son nom excède l’Algérie. Manipulation ou réalités, quelle est donc la part des choses ?
-
L’idée de l’Africom étant éludée et élucidée. Quel est donc le jeu de ces deux pays ?
-
L’on se rappelle l’intervention du général US William Ward, commandant en chef de l’Africom. Ce dernier avait traduit les préoccupations des Etats-Unis concernant la sécurité en Afrique, notamment dans la lutte contre le terrorisme, la piraterie, le narcotrafic et autres crimes, mais soulignant qu’il n’était pas en Afrique « avec des bataillons de soldats qui se déploieraient un peu partout. Ce n’est pas ce genre d’opération. Nous sommes tous inquiets à propos de la Somalie, du Soudan, de la Guinée et tous les foyers d’instabilité sur le continent. Mais je ne suis pas le policier de l’Afrique. Ce que nous faisons, c’est travailler en collaboration avec certains pays pour leur permettre, en leur donnant des moyens supplémentaires, d’assurer leur propre sécurité ». Il a précise que au Sahel, par exemple, « nous avons des programmes de formation pour les armées régulières, nous les équipons et nous les conseillons afin de leur permettre d’accroître leurs compétences et d’affronter les menaces terroristes qui existent dans leurs pays. Mais je tiens une nouvelle fois à préciser que nous sommes et nous continuerons d’être une organisation qui collabore avec ses Etats partenaires, qui met en place des activités que nos partenaires nous ont demandé de mettre en place pour les aider ». Le commandant d’Africom a ajouté qu’il s’agit d’améliorer les compétences de ces pays « pour qu’ils puissent faire face à leurs problèmes de sécurité et qu’ils deviennent de véritables partenaires pour régler les problèmes de sécurité qui existent à l’échelle planétaire. Car il n’y a aucun doute sur le fait qu’une Afrique plus stable et plus sécurisée est dans l’intérêt des Etats-Unis, de la communauté internationale et bien sûr de l’Afrique elle-même ». Le même responsable avait alors souligné que “son commandement n’a en aucun cas l’intention de développer sa présence militaire sur le continent. On me demande souvent si mon quartier général va déménager de l’Allemagne vers l’Afrique. Et la réponse est qu’on n’a pas l’intention de le faire. Et à l’avenir, autant que je puisse le dire, nous allons rester où nous sommes, à Stuttgart. Pour l’instant, ça fonctionne. Les personnes qui participent à nos programmes et à nos exercices vont continuer à se rendre régulièrement sur le continent africain, comme je le fais. Mais coupons court à toute rumeur, nous n’allons que là où nous sommes invités. Nous ne nous imposons nulle part ».