Irak: des insurgés chiites veulent participer au processus politique
Le groupe d'insurgés chiites responsable de l'enlèvement en 2007 du Britannique Peter Moore et de la mort de plusieurs de ses gardes du corps, a annoncé lundi qu'il souhaitait participer au processus politique en Irak.
Qaïs al-Khazali, chef du groupe Assaïb Ahl al-Haq (la Ligue des Vertueux), également accusé d’avoir lancé des attaques anti-américaines, a déclaré que le départ de l’armée américaine du pays le 18 décembre signifiait que la résistance n’avait plus de raison d’être. Les fils de la résistance ont mené leur mission avec succès et ils sont prêts aujourd’hui à participer au processus politique, a dit M. Khazali lors d’une conférence à Najaf, la ville sainte chiite au sud de Bagdad. Le porte-parole de la commission nationale de réconciliation, Mohammed al-Hamed, a expliqué que les autorités avaient eu des discussions avec ce groupe pour qu’il dépose les armes et intègre le jeu politique après le départ des troupes américaines. Qaïs al-Khazali avait été relâché des prisons américaines le 5 janvier 2010, six jours après la libération de Peter Moore, un technicien informatique retenu en otage pendant deux ans et demi. M. Moore et ses quatre gardes du corps, également britanniques, tous trentenaires, avaient été enlevés le 29 mai 2007 par 40 hommes portant des uniformes de police, au ministère des Finances à Bagdad. En juin 2009, les dépouilles de deux gardes du corps, Jason Creswell et Jason Swindlehurst, avaient été remises aux autorités britanniques, suivies en septembre de celle d’Alec MacLachlan. Londres reste en revanche toujours sans nouvelles du quatrième garde, Alan McMenemy. La milice chiite a fait savoir en juillet qu’elle ne rendrait pas son corps, dans un communiqué formulé de façon à laisser entendre que l’homme était encore en vie, alors que selon la Grande-Bretagne, il a été tué. Des centaines de membres de cette milice chiite avaient été libérés de prisons gérées par les Etats-Unis après juin 2009. La thèse d’une libération en échange de la remise des corps n’a jamais été officiellement confirmée. Assaïb Ahl al-Haq est aussi accusé d’être derrière une attaque en janvier 2007, au cours de laquelle un soldat américain a été tué et quatre enlevés, puis retrouvés morts. Nous accueillons avec satisfaction tout effort fait par des groupes d’activistes pour déposer les armes et participer de façon positive au processus politique, a fait savoir un porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères à Londres. Nous réitérons notre appel à ce que tout effort de réconciliation prévoit que le corps d’Alan McMenemy soit rendu (par la milice NDLR) à sa famille, a-t-il ajouté, précisant qu’il n’était pas spécifié si et quand Assaïb Ahl al-Haq a prévu de faire cela. Le porte-parole de l’ambassade américaine Michael McClellan a refusé de commenter cette information, estimant qu’il ne pouvait spéculer sur d’hypothétiques développements. Washington a accusé l’Iran d’avoir entraîné et financé Assaïb Ahl al-Haq et d’autres milices chiites, ce que Téhéran a démenti.