Irak: le chef de l'opposition propose le remplacement du Premier ministre
Le chef de l'opposition laïque irakienne, Iyad Allawi, a proposé mercredi le départ du Premier ministre chiite Nouri al-Maliki si ce dernier n'acceptait pas un réel partage du pouvoir.
M. Allawi a avancé trois options pour mettre fin à un mois de grave crise politique, suggérant notamment au principal groupe parlementaire, l’Alliance nationale, une coalition des partis religieux chiites, de choisir un nouveau chef du gouvernement.
“L’Alliance nationale doit désigner un nouveau Premier ministre, qualifié pour administrer le pays avec l’aide du gouvernement et éloigné du confessionnalisme politique”, a dit l’ancien Premier ministre, 66 ans, lors d’une conférence de presse à Bagdad.
Il a proposé, comme solutions alternatives, “qu’un nouveau gouvernement soit mis en place pour préparer honnêtement de nouvelles élections” ou que l’actuel gouvernement se comporte de manière “réellement participative, selon l’accord d’Erbil”, signé par tous les partis en novembre 2010, et qui prévoit un partage du pouvoir.
Le bloc Iraqiya, dirigé par Iyad Allawi et soutenu par les sunnites, refuse de participer depuis la mi-décembre aux travaux du Parlement et du gouvernement, critiquant vivement les méthodes autoritaires attribuées à M. Maliki.
M. Maliki a répliqué à ce boycott en réclamant le limogeage de son adjoint sunnite, Saleh Moutlak, qui l’avait qualifié de “dictateur pire que Saddam Hussein”.
Le conflit, qui menace selon certains de dégénérer en guerre civile confessionnelle, a été aggravé par l’émission fin décembre d’un mandat d’arrêt pour complot à l’encontre du vice-président sunnite Tarek al-Hachémi, qui se trouve actuellement au Kurdistan irakien (nord).
Iraqiya était arrivé en tête au scrutin législatif de mars 2010, mais n’avait pas pu former de gouvernement. Les partis chiites religieux, qui avaient concouru en ordre dispersé aux élections, s’étaient regroupés pour former le principal groupe parlementaire, et avaient choisi Nouri al-Maliki comme Premier ministre.
Interrogé par la chaîne de télévision américaine CNN, M. Allawi avait estimé dimanche que l’Irak traversait “la phase la plus dangereuse de son histoire”, parlant notamment d’un “retour en force” des rivalités religieuses. Les dernières troupes américaines ont quitté l’Irak à la mi-décembre.