Italie : la crise de la dette souveraine et la panne de croissance mettent le pays à genoux
– En Italie, la crise de la dette souveraine et la panne prolongée de la croissance économique ont mis à genoux un pays contraint de recourir à trois cures d’austérité durant l’année 2011.
La dette souveraine italienne tournait en 2011 autour des 120% du produit intérieur brut (PIB) du pays, soit sa richesse nationale, ce qui n’est pas bien vu par les marchés, seuls véritables décideurs économiques et financiers. En l’absence de croissance, les marchés restaient méfiants, de sorte qu’à chaque émission d’emprunts à court, moyen et long termes, les taux obligataires exigés par les acheteurs atteignaient des sommets inquiétants, oscillant entre les 5,6 voire 7%.
Ces taux impossibles asphyxient l’économie du pays, qui doit lever des obligations pour la financer mais alourdit sa dette car contraint de rembourser ses emprunts élevés. Les marchés et les investisseurs demandent des réformes structurelles et des plans de rigueur pour réduire le déficit budgétaire mais qui soient combinés avec la croissance.
Or, le gouvernement de Silvio Berlusconi, qui a adopté en 2011 deux plans de rigueur, n’a pas réussi à relancer l’économie. De plus, sur le plan politique, les observateurs ont relevé que le pays a vécu ces dernières années, de constantes chamailleries entre majorité et opposition, dénotant une instabilité chronique.
Ces facteurs combinés ont amené les marchés à maintenir la pression sur le gouvernement de coalition, perdant de jour en jour, sa popularité, et qui a été poussé vers la sortie en novembre dernier, après un règne de 3 ans.
Au cours de cette année, la crise économique et les plans de rigueur mis en place pour y faire face avec leur lot de taxes, ont asphyxié les PME, grandes pourvoyeuses d’emploi, qui ont réduit leurs effectifs, faisant grimper le chômage. Même les grandes entreprises du pays ont été touchées de plein fouet par la crise, les contraignant à réduire leurs importations de moyens de production, et partant de stagner.
Selon les dernières données de l’Institut italien des statistiques, sur un an, les commandes de l’industrie italienne ont reculé de 4,8%, touchant des secteurs réputés fer de lance de l’économie, à savoir les machines-outils (-13,8%), l’industrie électronique et informatique (-7,6%) et le textile (-6,3%).
La crise en Europe, aux Etats-Unis, principaux partenaires de l’Italie, mais aussi les secousses qui ont tourmenté plusieurs pays arabes partenaires également de la 3ème Economie de la zone euro, notamment la Libye, l’Egypte et la Tunisie, ont sérieusement, affaibli le pays. Sur le plan social, les cures d’austérités successives adoptées par l’ancien et l’actuel gouvernement qui ont relevé la TVA, faisant grimper les prix des produits de large consommation et des services.