Khadidja Belhadi : Une Dame dans la cours des grandes de ce monde
Khadidja Belhadi
Elle sera surement la premiere algerienne à faire partie des 100 femmes de l'année. Mais, il ne suffit pas d’être riche et belle pour voir s’ouvrir certaines portes. Il en faut un peu plus que ça même. Et ce « un peu plus » Khadidja Belhadi a su l’acquérir.
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Elle est intelligente mais battante par-dessus tout. C’est là l’atout majeur de la patronne d’EDECOR et présidente de l’Association des Algériennes Managers et Entrepreneurs (AME) et Membre du Conseil MENA BWN. Sa renommée et le respect qu’elle intime, les doivent à son travail et son courage. Ce qui fera d’elle, avec la veuve du défunt président, Mme Anissa Boumediene et deux autres dames, les quatre femmes algériennes à être proposées à figurer parmi les cent femmes de l’année au monde.
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Echorouk : Vous êtes la première femme à s’être « aventurée » dans un domaine jusque-là « relevant » de la chasse gardée masculine. Quel regard portez vous sur ce monde « rude » de chantier ?
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Khadidja Belhadi : Chose difficile à croire, mais j’ai toujours été bien reçue par les différents responsables « hommes », qu’ils soient Wali, chef de Daïra, Directeur de DJS ou cadres. Pour obtenir du travail, la seule chose qui pouvait donner des suites à mes démarches était, je pense, mon sérieux et mon honnêteté. Une femme a sa place dans le monde de l’entreprise Algérienne quand elle démontre sa capacité de gérer et ce, au même titre que les hommes. Après, il suffit de savoir s’encadrer que ce soit d’hommes ou de femmes, pourvu qu’il y ait de la compétence. Vous
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avez réussi à contourner le piège « sexiste » et vous imposer comme une battante. Mais quelle idée donc que d’entamer, en 1985, donc en pleine crise économique, une carrière de bâtisseur ?
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Tout d’abord croire en son Pays. Le piège sexiste existe bel et bien, je ne peux pas le nier, mais il est mineur par rapport au grand pourcentage de la population « Cadre homme». J’ai eu et j’ai encore des comportements « du moyen âge » mais je fais avec ; je reste philosophe….mais parfois, quand certaine direction de ministère vous boycottent vous devez combattre ces mentalités et surtout la concurrence déloyale…. Oui, mon aventure a commencé en 1985, et dans l’aménagement. C’était assez dur mais j’ai tenu. Les premières personnes qui m’ont aidé c’est mon Mari, le secrétaire Générale de l’APC de Bouira et le Wali de Bouira, (de l’époque). Ils ne m’ont pas aidé parce que j’étais une Femme mais parce que nous avions fourni une prestation de travail ou ils ont été très satisfaits. Ensuite c’était l’enchaînement des commandes avec un travail de qualité. J’ai avancé à pas de fourmi, mais j’ai avancé quand même (à l’époque) et avec les encouragements du Ministère de la Jeunesse et sports pour m’investir et développer l’infrastructure sportives.
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Si vous devez le faire, quelles rétrospectives feriez-vous ?
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Si je devais recommencer, je pense que je recommencerai, avec mon expérience acquise, le même parcours avec « moins d’innocence» pour plus de challenge.
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Vous êtes sacrée, avec trois autres compatriotes, faire partie du Gotha mondial des 100 femmes de l’année. C’est là un immense honneur mérité. A quoi penserez-vous, le plus ?
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….A toutes ces années d’acharnement par le travail et prouver que les Femmes ont les mêmes capacités que les hommes.
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Ce combat de toutes les femmes, que ce soit pendant la révolution ou à aujourd’hui ; je pense à l’avenir de notre PAYS qui a le plus grand besoin de toutes ces énergies qui le feront avancer parmi les Pays développés et non pas en « voie de développement ».
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Je pense également aux dirigeants, qu’ils continuent à œuvrer dans l’encouragement des entreprises sans distinction (public ou privé).
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Quels sont vos projets ?
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Pour mes projets actuels, c’est : Trouver des solutions à mon entreprise pour lui faire prendre plus d’essors dans son développement et, dans le même temps arriver à élever et multiplier les entreprises Femmes pour qu’elles puissent contribuer à la construction et au développement de notre Pays. Donner à notre association une stature internationale représentante d’une élite.