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La chanson chaouie : patrimoine chevillé à notre identité

الشروق أونلاين
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La chanson folklorique chaouie est un “patrimoine authentique chevillé à notre identité” et que l’on se doit de respecter en veillant à ne pas le dénaturer par l’introduction d’instruments de musique modernes, a estimé l’artiste Tayeb Merrir en marge du festival de la chanson et de la musique chaouies de Khenchela.

La chanson folklorique est indissociable de la gasba (flûte) et du bendir, des instruments traditionnels sans lesquels cette musique perd son âme, considère cet artiste qui se dit ’’très ému’’ par l’hommage qui lui a été rendu lors de l’ouverture de ce festival, jeudi dernier. Il y voit une justification du slogan choisi, cette année, pour la manifestation : “sonorités des aïeuls dans la mémoire des descendants’’.

Natif de la localité de Hammam K’nif, près de Khenchela, Tayeb Merrir vit actuellement à El Harrach (Alger). Il assure que c’est le plus grand des chantres de la chanson chaouie, Aïssa El Djermouni, qui l’avait encouragé à chanter et à reprendre ses chansons lors des fêtes qui se tenaient à l’époque dans la région chaouie, à Metoussa, Khenchela, Ain Beida, Souk Ahras ou encore Tébessa.

Au lendemain de l’indépendance, Merrir devait s’établir à El Khroub, près de Constantine, pour se voir accoler pour longtemps le sobriquet de “Khroubi” sous lequel il était présenté lors de ses participations aux concerts et aux galas organisés à Constantine, à Mila, à Oued Zenati ou à Guelma.

Ses chansons “Nouna” (prénom de femme chaouie), “Trig Lekhroub” (la route d’El Khroub) et “Hobbi Lawel” (mon premier amour) sont les plus connues et sont encore à ce jour reprises par de jeunes chanteurs.

Merrir qui conserve une excellente mémoire affirme avoir entretenu de très bonnes relations avec les artistes Ali El Khencheli, Beggar Hadda, Cheikh Bouregaâ et le flûtiste Brahim Ben Debbache.

Il se souvient également avec nostalgie des artistes Brahim Chouaï et Boudemghine qu’il rencontrait souvent au café “Nedjma” de la rue Larbi Ben M’hidi (Triq Jdida) de Constantine ainsi que de nombreux autres artistes qui l’avaient accompagné en 1975 dans plusieurs tournées en France, en Espagne, au Maroc et dans des pays du Golfe.

Vers le début des années 1970, il s’installa à El Harrach où il publia plusieurs albums qui lui valurent d’enregistrer de nombreux petits films musicaux (appelés aujourd’hui “clips”‘) dans les villes françaises de Lille, de Lyon et de Marseille.

Son répertoire compte plus de 60 cassettes éditées sous le nom de Tayeb Lekhroubi.

“Khroubi, Harrachi ou Khencheli, je suis algérien et toute la terre d’Algérie est belle”, lâche cet artiste qui garde encore une belle vitalité du haut de ses 92 ans.

 

 

 

 

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