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La Droite populaire priée de lever le pied sur l'immigration

الشروق أونلاين
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La troisième fois était la bonne. Après deux annulations successives, l'Élysée a fini par recevoir les députés de la Droite populaire, mardi en début de soirée.

 La majorité de ces 44 “ultras” de l’UMP étaient là pour l’occasion, mais c’est essentiellement le chef de l’État qui a parlé. Et s’il employait les précautions d’usage pour évoquer la campagne présidentielle – “si je suis candidat…” -, Nicolas Sarkozy leur a clairement fixé un cap à suivre dans la perspective de l’élection. “Lâchez un peu les questions d’immigration et d’insécurité. Claude Guéant s’en charge très bien. Recentrez-vous sur le social”, leur a-t-il dit, en substance. En d’autres termes : parlez moins d’immigration et plus de partage des valeurs dans l’entreprise, par exemple. Une “tentative d’incurvage” de leur politique, comme la qualifie le député du Nord Christian Vanneste, qui est loin d’avoir heurté les premiers intéressés, qui rappellent à l’envi qu’ils sont de droite, “mais aussi populaires”.

 

Si le président de la République leur a par ailleurs rappelé fermement que le gouvernement avait “une ligne” et que la majorité devait s’y tenir, une semaine après le fiasco des radars provoqué par certains membres de la Droite populaire, il s’est surtout employé à vanter son bilan, ses “bons résultats en matière économique”. Une “opération séduction” jugée à la fois flatteuse et inutile par certains membres de la Droite populaire, qui ont l’habitude de se présenter comme les plus fidèles supporteurs de Sarkozy. “Franchement, c’était pas la peine”, soupire l’un d’entre eux, déçu par la tournure qu’a prise l’entrevue. Leur soutien à Sarkozy pendant la campagne de 2012 ne fait évidemment aucun doute. “Nous serons des grognards parfaits”, se réjouit le député Franck Gillard, présent hier après-midi. Lui ne s’offusque pas du rappel à l’ordre sur l’épisode des radars, mal vécu par l’Élysée : “On est de droite, populaire et libertaire. Alors, on a un petit côté incontrôlable, on est un ramassis d’originaux. Ça agace toujours les trublions, mais ça ne nous pose aucun problème. C’était un vrai moment d’amitié.”

Mais c’est donc Claude Guéant, et lui seul, que Nicolas Sarkozy voudrait voir insuffler la politique d’immigration du gouvernement. Le président de la République “a encensé” son ministre de l’Intérieur, selon certains participants. Un ministre avec lequel le collectif entretient de bonnes relations. “On ne peut pas lui reprocher de poser des questions sur le contrôle des flux migratoires”, commente Franck Gillard. Quant aux “petites phrases” sur l’immigration lâchées à intervalles réguliers par le ministre de l’Intérieur – la dernière en date porte sur la question de « l’assimilation » des immigrés  -, il leur reconnaît le côté provocateur mais y voit une utilité : ce sont, selon lui, les “je vous ai compris” de Claude Guéant… Quelques heures après ces propos, des députés du collectif ironisaient sur l’initiative de Marine Le Pen contre la double nationalité en estimant que la présidente du Front national “courait après La Droite populaire”. Autant dire qu’ils n’ont (vraiment) pas fini de parler d’immigration.

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