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La famille de Garaudy a procédé à la crémation du corps du défunt

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La famille de Garaudy a procédé à la crémation du corps du défunt

Il a donc fini par mettre pied à terre, cet infatigable chevalier de la pensée au Verbe haut et fier, que fut le grand philosophe français Roger Garaudy, qui s’est lui-même prénommé Radja, au lendemain de sa conversion à l’Islam.

Ainsi vient de prendre fin, en ce vendredi 15 juin 2012, la vie palpitante d’un penseur authentique à la production intellectuelle féconde et intense; un penseur authentique dont les positions de principes claires et courageuses –quels qu’en avaient été le prix à payer– planaient bien au-dessus des cloaques nauséabonds de la langue de bois et du politiquement correct qui cherchent à brider la Vérité et à falsifier l’Histoire ; un penseur authentique qui a su défendre la Vérité de son vivant et dont nous constatons avec amertume aujourd’hui, notre incapacité à défendre sa mémoire…

Nous demandons pardon à ton âme, Monsieur Radja Garaudy.

En effet, quand la nouvelle de sa mort a été annoncée ce vendredi 15 juin 2012, dans la banlieue parisienne de Champigny-sur-Marne, nous fûmes de nombreux arabes et autres musulmans à nous rendre à la Mosquée de Paris pour nous informer sur les modalités des funérailles du défunt. Notre première surprise –parmi une longue série d’autres– a été de constater que les responsables administratifs de la Mosquée ne savaient strictement rien à ce sujet, comme s’ils n’étaient pas concernés par les funérailles du musulman qu’était Radja Garaudy.

Nous avons alors pris contact avec de nombreux amis français qui nous ont appris que les funérailles devaient se dérouler dans l’après-midi du lundi 18 juin 2012, dans l’enceinte du cimetière de Champigny-sur-Marne, sans nous fournir d’autres détails sur la cérémonie prévue. Nous nous sommes déplacés au jour dit, au cimetière de Champigny-sur-Marne et à notre arrivée dans la grande salle, nous avons constaté qu’il y avait peu de monde –deux cents personnes tout au plus– la plupart, des particulier, arabes ou autres musulmans. Au milieu de cette salle trônait le cercueil surmonté d’un écran géant où défilait un diaporama montrant les ouvrages du vénérable défunt ainsi que de nombreuses photos prises avec des personnalités célèbres du monde intellectuel et politique. En plus de la traduction du Coran dans la langue française, deux ouvrages majeurs du défunt manquaient cependant : le premier ouvrage, c’est “Les Mythes fondateurs de la politique israélienne” dans lequel il a démantelé d’une manière irréfragable –documents à l’appui– l’imposture historique de l’Holocauste, “blasphème” qui lui a valu un procès retentissant et une condamnation qu’il a acceptée avec ce dédain propre aux hommes de son envergure ; le deuxième ouvrage intitulé “Appel aux vivants”, est un essai d’érudit sur la réalité historique, culturelle et civilisationnelle du monde arabe.

Quelle ne fut donc notre stupeur, en arrivant au beau milieu de cette salle funeste, d’apprendre que la famille du défunt avait décidé sa crémation et que par conséquent, il n’y aurait pas de funérailles, au sens propre du terme, parce que d’une part, la famille ne souhaitait que le défunt fut enterré selon le rituel musulman et que, d’autre part, il ne pouvait l’être selon le rituel chrétien, puisqu’il était mort en musulman.

Il ne fallait donc pas être grand prêtre pour deviner que derrière cette douloureuse situation inextricable, il y avait le dessein, on ne peut plus clair, d’une volonté immorale et abjecte, de revanche contre le cadavre de Radja Garaudy, de la part de ceux qui, n’ayant jamais pu le faire plier de son vivant, avaient décidé d’attenter à la sacralité de la mort.

Quand vint notre tour d’aller nous recueillir sur la dépouille du défunt, je demandai à tous nos amis de se grouper en cercle autour de lui et de réciter la Fatiha à voix haute. Après quoi, je me suis dirigé vers la dame qui semblait être la veuve, pour lui présenter mes condoléances en mon nom et au nom de toute la Communauté arabo- musulmane qu’il a si longtemps défendue avec foi et conviction.

Il y a lieu de faire ici, une remarque de taille, savoir, l’étrange absence de toute représentation diplomatique des pays arabo-musulmans ou d’une quelconque représentation médiatique, sous quelque forme que ce soit, presse écrite, chaînes satellitaires ou autres. Une double absence qui résonne comme une véritable conspiration du silence autour d’une Voix qui, même éteinte, continue de déranger l’Ordre établi.

Le jour d’après, nous avons alors envisagé d’organiser une cérémonie funéraire à la mémoire du défunt, en reconnaissance pour tout ce qu’il a fait et enduré, dans son noble combat pour les justes causes de la Communauté arabo-musulmane. Aussi, comme cela est devenu une coutume depuis plus de 20 ans, des contacts furent pris avec l’organisme I.G.E.C.A. qui a tout d’abord accepté de nous réserver une salle pour la journée du Jeudi 21 Juin 2012. Nous avons alors commencé à envoyer les invitations par téléphone, SMS ou autres Mails… Or, dans l’après-midi du Mardi 19 Juin 2012, nous reçûmes notification d’annulation de la réservation de la salle par l’organisme susnommé, qui invoquait des prétextes fallacieux, cachant mal la triste réalité :celle d’une alliance contre-nature entre des caciques communistes athées d’hier, avec des religieux protestants, les uns comme les autres, n’ayant jamais pardonné à Radja Garaudy, les premiers, sa désertion du Bureau Politique du Parti Communiste français et les seconds, sa conversion à l’Islam.

Mais notre dépit devant tant de mauvaise foi et tant d’acharnement, n’allait pas s’arrêter là hélas ! Nous nous sommes alors tournés vers la Grande Mosquée de Paris, pour organiser la “Prière en faveur de l’Absent”, à l’issue de la prière du Vendredi 22 Juin 2012. A défaut du Recteur, nous avons été reçus par son adjoint qui a cherché par tous moyens à se dérober, tantôt en invoquant le fait qu’il ne pouvait y avoir de prière pour l’Absent, en faveur de quelqu’un dont le cadavre avait été incinéré, tantôt en mettant en doute l’islamité du défunt, allant jusqu’à nous demander un document officiel attestant de cette qualité (!). Après un dialogue pénible, tournant parfois à l’altercation, l’adjoint du Recteur finit par trouver la parade en nous déclarant avec une évidente mauvaise foi, qu’il s’agissait-là d’une affaire politique sur laquelle il n’avait pas qualité pour trancher…

A travers cet article, j’ai tenu à porter à la connaissance des lecteurs, cette amère vérité qui témoigne de l’immoralité des uns et de l’ingratitude des autres. La décence et le respect d’autrui m’ont commandé de ne pas citer de noms, mais si les circonstances devaient m’y obliger, je ne manquerais pas de citer tous les noms, y compris les noms des témoins des faits évoqués dans ce compte-rendu.

Quant à toi, cher Radja Garaudy, puisses-tu goûter pour l’Éternité, à l’Infinie Miséricorde qui est aux Cieux.

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