La famille révolutionnaire décline l’invitation de la France
La famille révolutionnaire a décliné l’invitation adressée par les autorités françaises à l’Armée nationale populaire (ANP) pour participer à la célébration de la fête nationale française, coïncidant avec le 100e anniversaire de la première Guerre mondiale, estimant que cela est «une ligne rouge» étant donné que l’Hexagone n’a toujours pas exprimé ses excuses de son passé colonial.
Dans une déclaration à Echorouk, Saïd Abadou, ancien ministre des Moudjahidine a indiqué que la génération du 1er Novembre refuse la France et sa politique à jamais et le principe est connu de tous, c’est celui du rejet de la France et de son invitation, surtout qu’en dépit du fait qu’elle a sauvagement colonisé l’Algérie et de ses essais nucléaires, la France refuse à ce jour de présenter ses excuses aux Algériens, bien qu’ils soient dans les premiers rangs lors de la Première et la Deuxième Guerre mondiale, avec 139.000 soldats enrôlés dans la 1re Guerre mondiale et 143.000 lors de la 2e Guerre mondiale.
Par ailleurs, Saïd Abadou a expliqué que l’invitation des Français est rejetée car la question pour la génération du 1er Novembre est claire en lançant « la génération du 1er Novembre ne changera pas », ajoutant qu’il ne pense pas qu’un seul Algérien civil ou militaire prendra part à ces célébrations.
Revenant sur les propos tenus, il y a 48 heures, par le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, dans lesquelles il parlait de fortes relations entre les deux pays, le secrétaire général de l’Organisation nationale des moudjahidine a dit que ces déclarations suscitent des craintes et rappellent les déclarations du feu Houari Boumediène: « Lorsque la France vous remercie, il y a de quoi à craindre ».
Lakhdar Bensaïd, ex-secrétaire général de la Coordination nationale des enfants de chouhada a, quant à lui, dit que si l’invitation des Français à l’ANP pour participer aux célébrations exprimait une bonne intention de la France, celle-ci l’avait si bien exprimée à travers la loi 2005 glorifiant les bienfaits du colonialisme.
Joint au téléphone, Bensaïd a souligné, qu’en tant que représentant d’un organisme défendant la mémoire et la souveraineté du pays, refuse catégoriquement à la fois cette invitation et la participation de l’ANP, digne héritière de l’Armée de libération nationale (ALN) à ces célébrations.
« En tant que nationalistes, la participation de l’Armée algérienne aurait été perçue normale si la France avaient retiré la loi de honte, la loi du 23 février 2005 glorifiant les bienfaits du colonialisme et son passé colonial qui a duré 132 ans », ajoute-t-il affirmant que les Algériens sont souverains et que c’est un honneur pour elle d’être libérés par les Algériens.
Par ailleurs, notre interlocuteur n’a pas manqué de dénoncer la visite du ministre français des Affaires étrangères accompagné d’une importante délégation, composée de ministres et d’hommes d’affaires venus, selon lui, pour piller l’argent et les richesses de la Nation et personne ne leur a demandé ce qu’ils font en Algérie.
Tayeb El Houari, secrétaire général de l’Organisation nationale des enfants de chouhada (Onec) a lui affirmé n’avoir jamais entendu parler de cette invitation et n’a lu l’information dans aucun organe de presse national.
Tayeb El Houari écarte également toute hypothèse de voir l’Algérie participer à ces célébrations d’autant qu’elle s’apprête à célébrer le 60e anniversaire du déclenchement de la guerre de Libération nationale, et que la plaie de l’Algérie est si profonde, indiquant qu’il n’imagine pas une éventuelle participation de l’ANP digne héritière de l’ALN.