La Fondation Echorouk pour les enfants atteints de maladies chroniques : un projet pour faire durer la solidarité nationale dans le temps
Invité à s’exprimer sur le plateau de Canal Algérie, le rédacteur en chef d’Echoroukonline, dans ses deux versions, française et anglaise, M. Amer Oumalou, s’est longuement étendu sur la volonté d'Echrouk à aider les enfants atteints du cancer, la campagne de solidarité lancée par Echorouk, les projets d’Echorouk et la nécessité de venir en aide à ces êtres si frêles et si fragiles non par des opérations ponctuelles, mais par un plan d'action élaboré qui est appelé à durer dans le temps.
- Canal Algérie : Vous êtes Rédacteur en chef à Echorouk, et vous êtes membre du Comité national de la solidarité. Des spots sont passés durant ces derniers jours, appelant à la mobilisation pour ces enfants, et dans chaque spot il y avait une personnalité publique en arrière-fond : on a vu l’actrice Amel Bouchoucha, le gardien M’bolhi…Vous êtes derrière tout cela?
- En fait, il n’y pas eu que ces deux là, il y a eu Karim Matmour, Mourad Meghni, des personnalités du monde du sport, des artistes, et même des personnalités politiques qui nous ont rejoint dans cette grande opération humaine…
- Vous êtes derrière tout cela ?
- Non, non, nous sommes beaucoup de personnes derrière tout cela, il y a toute une équipe mobilisée derrière…
- Oui, bien sur, quand je dis vous, je pense à toute une équipe.
- Evidemment. Donc, nous sommes mobilisés pour venir en aide aux enfants cancéreux, et aussi pour les enfants atteints de maladies chroniques, comme le diabète, l’hypertension, et bien sûr le cancer. Cette opération a eu un écho très important, et a été très suivie. Je tiens à remercier, en particulier, la Télévision Algérienne, qui nous a beaucoup aidées dans ce sens là, pour mieux sensibiliser la population, parce que quand on parle de cancer, en fait, il ne faut pas voir le mal que de l’extérieur, il faut oser aller au fond des choses. Et moi je vous le dit : c’est terrible, c’est atroce, parce qu’à travers cet enfant cancéreux, c’est toute une famille qui est concernée par la maladie, il y a toute une famille derrière le cancéreux : son père, sa mère, ses frères et sœurs, ses amis, ses voisins…Il y a une solidarité extraordinaire des Algériens.
- Oui, nous avions été touchés par l’appel de cette fille cancéreuse qui sensibilisait les gens atteints de cancer, comme si elle n’en faisait pas partie…
- C’était naturel, en plus c’est spontané. Ces spots, tournés par la cellule de communication d’Echorouk, étaient édifiants. Et croyez-moi, si vous allez au fond des choses, en allant les voir dans les hôpitaux, vous serez alors plus touché encore. Actuellement, nous nous rendons souvent dans les hôpitaux à leur rencontre, on leur donne des cadeaux, on les connaît mieux…
- Vous aviez certainement tissé des liens entre vous…
- Oui, oui.. il y a actuellement entre nous des liens très profonds, croyez moi, on les connaît par leur nom, on connaît Amel, puis Farida, Mohamed et tous les autres, on s’appelle au téléphone aussi…
- En fait, vos objectifs vont plus loin que cela, puisque vous avez comme projet de créer une Fédération…
- Non, en fait, il s’agit d’une Fondation, une Fondation Echorouk pour enfants atteints de maladies chroniques. Nous sommes actuellement en train de la constituer. Pourquoi ? Parce que nous ne voulons pas que ce soit uniquement une opération ponctuelle, pour l’aïd et après. Nous voulons que ce soit permanent. C’est la raison d’être de ce projet de Fondation Echorouk pour enfants atteints de maladies chroniques. Ainsi, à travers cette Fondation, nous pourrons disposer d’un compte bancaire pour les nationaux, et un autre pour nos immigrés, qui sont à l’étranger. Et en parlant de l’étranger, vous savez –et un peu grâce à vous aussi- des milliers d’appels venant d’émigrés nous demandent de nous aider, et à connaître la façon à travers laquelle ils peuvent nous aider, par des dons, par des médicaments, etc. Il y a une dame avant-hier, qui a appelé de France, un autre a appelé de Suisse, et qui veulent nous offrir un scanner. Evidemment, nous avons prit en ligne de compte ces aides, et en montant notre Fondation, on va prendre attache avec eux et bénéficier de ces appuis. Le projet, qui tient beaucoup à cœur au directeur-général d’Echorouk, M. Ali Fodhil, est construire un hôpital pour les enfants atteints de maladies chroniques.
- Ce que je voudrais savoir aussi, c’est comment est ce que ces enfants malades vous ont permis de les filmer dans des témoignages aussi poignants ? Comment ont-ils pu être aussi accessibles ?
- En fait, pour réaliser ces spots, nous avions procédé d’abord par un travail d’approche. Tout s’est passé en une dizaine, voire une quinzaine de jours avant les prises de vues. Nous avions dialogué, nous avions sympathisé, on les a sensibilisé, et à partir de ce moment là, ce fut possible de les filmer. Vous savez, c’est difficile pour un enfant, atteint du cancer, de se montrer à la télévision, de parler, de s’exprimer sur sa maladie, de lancer un appel d’aide…etc
- Aviez-vous parlé à ces enfants de cette Fondation ?
- Evidemment, et ils ont hâte de voir ce projet se réaliser. A propos de cette Fondation, nous avons un numéro : 63031, et nous avons reçu plus d’1 demi-million de SMS de la part de ceux qui veulent aider ces enfants, parce qu’un SMS coute 46,8 dinars, et si vous multipliez cela par 1 million, cela fait quand même une somme importante pour l’achat de médicaments et de matériels. En fait, ce n’est pas là la première opération lancée par Echorouk, déjà en 1990…
- Là, vous êtes en train de répondre à ma dernière question avant que je ne vous la pose…
- Je disais que, déjà en 1990, lorsqu’Echorouk était un journal hebdomadaire, il avait lancé des opérations similaires de bienfaisance et de solidarité, avec les femmes nécessiteuses, pour les mariages collectifs, et j’en passe.
- En fait, vous essayez d’être présent, toujours, avec ce dont vous disposez…
- Oui, avec le peu de moyens dont nous disposons, nous essayons d’être là où on a besoin de nous…
- Oui, c’est déjà beaucoup, et on se donne rendez-vous lorsque votre Fondation sera prête, et merci.