«La France ne dévoilera jamais les secrets d’Al Khalifa», affirment des juristes
L’ascension et la chute «fulgurantes» du Golden boy algérien Rafik Khalifa sont au cœur du procès qui s’est ouvert lundi à Nanterre, en l’absence de l’ancien homme d’affaires algérien, emprisonné en Algérie.
Des juristes ont affirmé que le procès de l’affaire du siècle d’Abdelmoumen Kahlifa ouvert devant le tribunal français de Nanterre est le même scénario de celui qui s’est produit dans son premier procès devant le tribunal correctionnel de Blida : « La faillite de l’ancien empire restera un mystère, et rien que le golden boy sera en mesure de le déchiffrer », affirment des juristes.
Dans le même contexte, Bahlouli Brahim, un avocat agrée à la Cour Suprême a affirmé que l’Algérie ne prêtera jamais l’homme d’affaire algérien Abdelmoumen Khalifa avant la tenue de son procès en Algérie : « La justice française avait, auparavant, demandé à l’Algérie de lui «prêter» cet accusé pour qu’il assiste à son procès mais cette demande a été suivie par un refus de la justice algérienne », a dévoilé, maître Bahlouli notant que le rejet de l’extradition du Bill Gates africain accompagné de dix autres personnes poursuivies dans cette affaire, dont, dont l’ex-femme de Rafik Abdelmoumen Khalifa, Nadia Amirouche, un notaire, d’anciens représentants de l’entreprise en France ainsi qu’un constructeur et équipementier aéronautique, est venu en conformité avec la loi.
Le même avocat a rajouté que l’Algérie était la première à faire bouger son affaire, ainsi que l’enquête sur l’effondrement de l’Empire Khalifa s’est lancé depuis l’Algérie : « L’Algérie ne pourra jamais livrer ou prêter Abdelmoumen Khalifa en aucun cas à la France, et ce malgré les accords judicaires entre les deux pays, seulement après la tenue de son procès en Algérie », a-t-il avancé.
Selon Fabienne Siredey-Garnier, présidente de la 14e chambre correctionnelle du tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine), Paris a demandé à l’«emprunter» le temps du procès, mais le gouvernement algérien n’a pas donné suite à cette demande et il est jugé par défaut : «Dans quel contexte cet homme a pu constituer un tel empire qui s’est effondré aussi vite qu’il s’était créé ?», s’est interrogée à l’ouverture des débats.
Khalifa et ses acolytes sont accusés d’avoir, au moment de la déconfiture du groupe en 2003, dissimulé un certain nombre d’actifs, notamment trois avions d’une valeur de 5,5 millions d’euros, une douzaine de voitures de luxe, une villa à Cannes de 35 millions d’euros où l’ancien Golden boy organisait de somptueuses réceptions avec Gérard Depardieu, Catherine Deneuve, Sting ou encore Bono.