La junte guinéenne cherche des ralliements
Les putschistes en Guinée ont appelé ce mardi les représentants de la communauté internationale à plus de compréhension. En quête d’une bénédiction internationale, la junte a nommé un “civil” au poste de Premier ministre, comme pour étayer ses propos.
- Les putschistes ont rencontré les émissaires de la communauté internationale, notamment les ambassadeurs des pays du G8, des représentants de l’ONU, du Fonds monétaire internationale (FMI) et de la Banque mondiale. Le chef de la junte, le capitaine Dadis Camara a, à l’occasion, appelé l’assistance à comprendre, à coopérer et à encourager le nouveau régime pour “réussir cette transition qui devrait aboutir à des élections réellement démocratiques”, ajoutant que les sanctions ne résoudront pas les problèmes de la Guinée, mais bien au contraire, enfonceront le pays dans le désespoir.
- L’Union africaine a pour rappel suspendu la Guinée des activités de l’organisation jusqu’au “retour de l’ordre constitutionnel”, pour lequel elle prendra, en temps utile, toutes les autres mesures prévues par la déclaration de Lomé pour le hâter. La junte a, juste après, envoyé son représentant, le général Mamadouba Toto Camara en Guinée-Bissau et au Mali, débuts d’une tournée d’explication en Afrique de l’ouest. Le président sénégalais avait lui appelé dès vendredi à soutenir les putschistes.
- S’agissant de la date de la tenue des élections, contestée par la communauté internationale, le capitaine Moussa Dadis Camara parait prêt à négocier. Il a déclaré devant les émissaires de la communauté internationale que la date de 2010, promise par la junte, n’était “pas absolue”. “Cela peut être dans six mois, huit mois, dix mois et au-delà. Ca dépendra du peuple de Guinée”.
- La junte qui a pris le pouvoir il y a une semaine au lendemain de la mort du président guinéen Lansana Conté, tente plus que jamais de convaincre le monde du bien-fondé de son action, essayant de se donner l’allure d’un sauveteur au secours de la Guinée. De plus, son chef souligne: “On a pris le pouvoir sans effusion de sang, vous devriez nous remercier pour cela”.
- Pour montrer que le pouvoir n’est pas leur objectif, les putschistes ont nommé ce mardi “un civil”, un banquier, Kabiné Komara, comme Premier ministre.
- Le nouveau chef du gouvernement précédemment à la Banque Africaine d’Import Export (Afreximbank) en Egypte, avait été “réclamé”, en vain, par l’opposition, à l’époque de Conté. Ce technocrate, depuis treize ans en Egypte, a fini par rentrer au bercail. Il aura cependant du pain sur la planche avec plus de 5 millions d’habitants vivant sous le seuil de pauvreté malgré les immenses richesses du sous-sol (bauxite, fer, diamants, or…), en raison de la corruption et d’une gestion désastreuse.