La Libye dévoile 17 pièces archéologiques saisies chez des pro-Kadhafi
La Libye a dévoilé samedi 17 pièces archéologiques datant de l'ère romaine, saisies le jour de la chute de Tripoli par des rebelles chez des pro-Kadhafi soupçonnés d'avoir eu l'intention de les vendre pour financer des attaques.
“Le jour de la chute de la capitale (le 23 août), un groupe de thowar (combattants ex-rebelles) s’est retrouvé opposé à des voitures appartenant aux brigades de Kadhafi sur la route de l’aéroport”, a indiqué lors d’une conférence de presse Khaled Torjman, le directeur du Haut comité pour la sécurité.
Une fois les pro-Kadhafi maîtrisés après des “combats intenses”, a-t-il poursuivi, les rebelles ont découvert dans l’un des véhicules “une grosse valise” où se trouvaient les 17 pièces, parmi lesquelles figurent une statuette représentant une femme et plusieurs têtes d’hommes sculptées.
Le rebelle chargé de protéger ces pièces a plus tard “été blessé dans un incident séparé et a dû être hospitalisé, puis transporté à l’étranger (…). Il était le seul à savoir où se trouvaient ces pièces”, ce qui explique le retard pour les récupérer, a ajouté M. Torjman.
Salah al-Agab, le directeur du département des Antiquités, a dit soupçonner les pro-Kadhafi d’avoir voulu faire sortir ces pièces «en contrebande» du pays “probablement pour les utiliser pour financer leur attaque”.
Les experts du département vont examiner les pièces de plus près pour déterminer leur origine et leur fonction exactes “et cela pourrait prendre du temps”, a-t-il ajouté. Il a indiqué que les pièces proviennent de l’ouest du pays, qu’elles pourraient remonter au IIè ou IIIè siècle après J-C et avoir un sens religieux.
La Libye, au carrefour des cultures méditerranéennes, abrite cinq sites inscrits par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité, dont les ruines de Leptis Magna, une importante cité romaine.
L’Unesco a récemment affirmé que les principaux sites culturels et historiques libyens n’avaient pas subi de dommages pendant le conflit, mais a mis en garde contre le risque de pillage.