La mendicité : un phénomène qui prend de l’ampleur en Algérie
Il semble que la sympathie et la générosité des Algériens sont visées par des réseaux qui ne cherchent qu’à gagner de l’argent et se remplir les poches au détriment des personnes handicapées ainsi que des nécessiteux.
La vue d’un homme ou d’une femme avec un enfant handicapé pour demander l’aumône devant des mosquées est devenu une tradition. Les fidèles de ces Lieux sacrés ne privent pas ces nécessiteux en leur offrant des denrées notamment lors des fêtes religieuses comme l’Aïd ainsi que lors de la prière de vendredi. Ces mosquées deviennent ainsi les destinations préférées aux membres de ces réseaux qui collectent de l’argent et se développent de jour en jour. Pour faire face à ce phénomène, l’Union nationale des handicapés a envoyé une lettre de doléances au ministère de la Solidarité nationale afin d’intervenir en urgence, pour mettre un terme aux activités de ces réseaux de mendicité qui exploitent des enfants handicapés en vue de gagner de l’argent auprès des cœurs charitables. Selon le président de cet organisme, Rezik Nabil, la prise en charge qualifiée, d’insuffisante, pour ces jeunes handicapés est à l’origine de leur intégration dans ce genre de réseaux spécialisés dans la mendicité. « L’Etat octroie à cette couche de la société, dont le nombre est estimé à plus de 3000 000 handicapés, en leur donnant une sorte d’aumône notamment lors du mois de Ramadhan et des fêtes religieuses. C’est la raison pour laquelle un bon nombre d’handicapés avaient recouru à la mendicité. En outre, cette classe de la société est confrontée à des conditions de vie pénibles, notamment dans des zones isolées où des handicapés sont contraints de se déplacer à l’aide d’animaux domestiques comme l’âne, en absence flagrante de chaises roulantes. », a-t-il déclaré. Selon notre interlocuteur, la pension de 4000DA que reçoivent ces handicapés chaque 6 mois avec un effet rétroactif ne permettait même pas de couvrir les frais de transport. Il a déclaré ainsi que la pauvreté dont souffrent les familles des handicapés était la cause principale pour louer leurs enfants pour des sommes d’argent allant de 1000 à 2000DA par jour. L’interlocuteur a affirmé que le ministère de la Solidarité nationale est le seul responsable de la propagation de ce phénomène, l’exploitation des enfants handicapés par la mendicité. Il a ajouté que ce département est sensiblement appelé à améliorer les conditions de vie de cette couche de la société et à démanteler ces réseaux qui gagnent d’importantes sommes d’argent au détriment des personnes aux besoins spécifiques.
Projet de loi pour criminaliser la mendicité et pénaliser les parents d’enfants impliqués en Algérie.
Le ministre de la Solidarité nationale,Said Barkat, a affirmé lors d’une déclaration accordée au journal « Echorouk »,en marge d’une visite qui l’avait mené à rechercher des délinquants sur les rue d’Alger,que son département est en train d’établir un projet de loi juridique contenant des dispositions dissuasives dans le domaine de la lutte contre la mendicité en Algérie .Ce dernier contient également des dispositions strictes dans la lutte contre la mendicité et visant parallèlement à démanteler des réseaux activant dans la mendicité,en l’occurrence,la partie relative à l’exploitation des enfants,des nourrissons ainsi que des personnes handicapées. En plus, il vise à lutter contre le phénomène de “location” des enfants dans la mendicité. A cet égard, Barkat a annoncé que cette loi punira les parents exploitant leurs enfants à des fins de mendicité en les mettant en prison. Dans le cas où des enfants sont pris en train de mendier, l’Etat procédera à récupérer ces enfants et à les mettre dans des centres spécialisés pour les protéger et les sécuriser.