La police française entend un enfant de 8 ans pour apologie du terrorisme !
Les interpellations de la police française au lendemain de l’attentat contre Charlie Hebdo n’épargnent même pas les enfants et les mineurs et toute personne s’opposant au journal satirique. D’ailleurs, un enfant de 8 ans, Ahmed, a été entendu mercredi par la police de Nice après une plainte déposée par le directeur de l’école primaire où il est scolarisé. L’enfant est accusé d’apologie du terrorisme.
« Je ne suis pas Charlie qui s’est moqué du Prophète. Je suis avec les terroristes », c’est ce qu’a dit l’écolier à son instituteur.
L’affaire à laquelle la presse française a porté beaucoup d’intérêt a suscité une avalanche de réactions, d’autant plus que la police française ne distingue plus désormais dans le cadre de la lutte antiterroriste l’enfant de l’adulte et même l’intégrisme de la liberté d’expression.
D’ailleurs, le nombre d’arrestations menées par la police française est porté à 60 depuis l’attaque contre Charlie Hebdo.
Outre les arrestations dont fait l’objet toute personne soupçonnée d’apologie du terrorisme, les mesures de contrôle des réseaux sociaux ont été intensifiées en vue de sanctionner tout personne s’opposant à « Charlie » ou décidant de s’exprimer sur l’affaire, ce qui fait que l’Hexagone se retrouve dans l’embarras en raison de la hausse vertigineuse des actes racistes contre les musulmans jugés à plus de 130 actes contre les mosquées, les magasins, y compris les écoles.
Le journal français « Le Figaro » a écrit dans son numéro de jeudi que Ahmed, 8 ans « Elève en classe de CE2 à l’école primaire Flore, dans un quartier ouest de Nice, a été convoqué mercredi après-midi avec son père dans un commissariat en «audition libre» après avoir tenu des propos radicaux »… « Il est accusé par son école d’avoir défendu les terroristes… il avait refusé de participer à la minute de silence ». Il aurait aussi notamment affirmé pendant plusieurs minutes en classe: «Je ne suis pas Charlie, je suis avec les terroristes» ou encore «Les journalistes méritaient la mort». Il n’a pas non plus su définir ce que signifiait le mot «terrorisme».
Selon son avocat, Me Sefen Guez Guez, le directeur de l’école a porté plainte, le 21 janvier, contre le père d’Ahmed. C’est insensé, c’est un enfant de 8 ans, cette procédure est complètement disproportionnée, tonne Me Sefen Guez Guez, l’avocat du mineur et de ses parents.
De son côté, Abdallah Zekri, président de l’Observatoire contre l’islamophobie du Conseil français du culte musulman a condamné avec force l’interrogatoire de l’enfant Ahmed par la police et la plainte déposée à son encontre par le directeur de l’établissement pour des propos émanant d’un enfant mineur et innocent.
Dans une déclaration à Echorouk, Abdallah Zekri a indiqué que la lutte que mènent les autorités françaises contre le terrorisme a mené récemment à l’hystérie et s’est manifestée en actes antimusulmans et arrestations arbitraires.
Selon Zekri, « C’est de la folie » d’accuser un enfant d’apologie du terrorisme, estimant que la lutte contre le terrorisme devrait se fait dans un cadre légal et avec des preuves et non pas d’une manière arbitraire contre tout le monde, y compris les enfants.
L’Observatoire contre l’islamophobie a transmis un message à la ministre française de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem de contrôler ce genre de dépassements en école et ne pas laisser ces comportements racistes se produisent et résoudre le problème dans un cadre éducatif sans recourir à la police.