La population se meurt au Congo-Kinshasa
La guerre pour le pouvoir se poursuit en République Démocratique du Congo, une partie voulant conserver sa place et l’autre la convoitant par les armes. Pendant ce temps, l’on oublie que l’objet de la gouvernance, le peuple, tombe sous les balles, a peur, a faim et fuit cette terre, sa terre, qui le fait tant souffrir.
- Le Congo-Kinshasa semble ne pas être prêt à rompre avec les violences. La recrudescence des combats entre l’armée gouvernementale et la rébellion a plongé l’Est du pays dans le chaos au point où la population ne sait plus vers qui se tourner pour son salut. Pris dans le piège des affrontements, les civils meurent parfois par erreur et parfois délibérément s’il l’on prend en compte les rapports de certaines ONG qui font état “d’exécutions sommaires de civils par les rebelles”.
- La population ne peut non plus faire davantage confiance aux soldats gouvernementaux. Ceux-ci en effet se livrent à des actes barbares envers les civils qu’ils sont censés protéger. L’Organisation onusienne pour les réfugiés s’alarme des actes de viols, de pillages et de meurtres perpétrés par les éléments de l’armée régulière à l’encontre d’innocents, bien loin de la lutte acharnée contre le pouvoir.
- Le nombre des personnes déplacées internes au Nord-Kivu s’élève à plus d’un million et dans ces camps censés leur accorder un moment de répit, elles ne trouvent pas non plus la quiétude espérée. Le HCR a reçu des informations inquiétantes selon lesquelles plusieurs camps accueillant des personnes déplacées internes, situés près de la ville de Rutshuru au Nord-Kivu, ont été évacués par la force, de leur population, pillés et brûlés, imposant la quête d’un nouveau refuge. Les aides humanitaires même si elles ont repris, les faire parvenir à ceux qui en ont besoin représente une difficulté majeure, en raison des combats et de l’errance des déplacés sur les routes.
- D’autres déracinés, fuyant le conflit et la violation des droits humains, ont pris la route vers l’Angola, le Rwanda ou encore l’Ouganda qui à lui seul a accueilli quelque dix mille réfugiés depuis le regain des violences en août dernier. S’ils y trouvent une relative sécurité, la situation humanitaire reste préoccupante. La maladie est l’autre spectre qui menace les congolais.
- Cette région des Grands Lacs ne rompt toujours pas avec son passé, meurtrier, et indélébile. Les leçons n’ont pas été apprises. Le conflit en République démocratique du Congo n’est pas récent et a fait 5.4 millions de morts, depuis 1998, le bilan le plus meurtrier au monde depuis la seconde guerre mondiale, révèle l’Organisation Oxfam France. L’ONG International Rescue Committee (IRC) va plus loin et estime que les conflits armés, la maladie et la malnutrition tuent chaque mois 45 mille personnes en République démocratique du Congo.
- Aujourd’hui l’ONU avance le motif de protéger cette population en décidant l’envoi de casques bleus supplémentaires. Le chef de la rébellion réagit avec une sortie pour le moins inattendue en appelant la population à se prendre en charge pour garantir sa propre sécurité.