La recrudescence de la criminalité remet en surface la peine de mort!
Le débat autour de l’application de la peine de mort a refait surface à l’occasion d’un séminaire international sur la peine de mort organisé par le palais de justice de Boumerdès.
Face à la recrudescence de la criminalité qui prend des allures très alarmantes, les participants à cette rencontre, à savoir des avocats, des juges, des bâtonniers régionaux et des délégations de pays étrangers sont divisés entre partisans et opposants au retour de la peine de mort.
Le bâtonnier de la région de Boumerdès et membre de l’instance présidentielle de l’Union internationale des avocats (UIA), Me Ahmed Benantar a indiqué que ce thème était choisi du fait que le débat autour de l’application de la peine de mort était toujours ouvert, et c’en faisant référence aux opinions des savants, des politiques et des juristes qui divergent sur le sujet.
Pour le bâtonnier, plus les crimes odieux sont commis, plus des voix s’élèvent pour la promulgation et l’application de la peine capitale dans toute sa rigueur, estimant par ailleurs que le traitement objectif de cette question ne s’oppose pas au principe de l’abolition de la peine de mort en réponse aux exigences politiques et juridiques de chaque pays.
Me Ahmed Benantar a expliqué que le débat s’intensifiait davantage après l’émergence de certains crimes, dont le kidnapping d’enfants. Ce qui pousse, soutient-il, la société civile à réclamer l’application de la peine de mort, gelée au lendemain de la signature par l’Algérie en 2007 de la résolution de l’ONU portant moratoire de la non exécution de la peine de mort.
De son côté, Ahmed Saï, président de l’Union nationale des barreaux d’Algérie (UNBA) a fait savoir que l’abolition de la peine de mort – dont l’application est suspendue il y a trente ans – se fera progressivement dans nombre de délits, quoique le code pénal prévoit la peine de mort dans les crimes les plus graves.
Selon lui, son abolition définitive nécessite une importante maturité et une acceptation de toutes les composantes de la société.
Abdelfattah Mourou, vice président de l’Assemblée tunisiennes a affirmé l’importance de répandre la conscience au sein de la société en fonction des crimes commis. Ainsi, il laisse entendre que le recours à la peine capitale doit être prononcé dans des cas de «crimes graves».
Pour sa part, Omar Oudra, ancien bâtonnier des avocats de Casablanca (Maroc) a estimé que la peine de mort constituait « une problématique épineuse qui préoccupe l’opinion publique marocaine -au même titre que l’opinion algérienne- sur son maintien et son abolition ».
Par ailleurs, il s’est demandé sur le besoin de recourir à cette sentence si elle n’était pas applicable, affirmant par là même la non exécution de la peine de mort au Maroc.
Le représentant du ministre de la Justice, Lakhdari Mohamed a appelé, lui, à débattre de ce sujet en toute objectivité afin de parvenir à un consensus loin de la subjectivité qui se manifeste, selon lui, lorsque le débat est lancé dans des circonstances tendues.
En outre, il a dit que cette question ne puisse être cernée dans un certain nombre de textes de loi, étant liée à des aspects social, politique et culturel, ajoutant que toute démarche cruciale sur ce sujet nécessite la réunion des conditions permettant de réaliser une avancée.