La Russie prête à reconnaître les rebelles libyens s'ils unissent le pays
Le président Dmitri Medvedev a indiqué mercredi que la Russie était prête à établir des relations avec les rebelles libyens s'ils parviennent à unir le pays dans lequel “deux pouvoirs” coexistent, d'où la nécessité de négociations entre Kadhafi et les insurgés.
Cependant, “en dépit des succès des rebelles, (Mouammar) Kadhafi et ses soutiens ont toujours une certaine influence et un potentiel militaire. Nous voulons qu’ils s’asseoient à la table des négociations et parviennent à un accord de paix. En réalité, il y a deux pouvoirs dans le pays”, a estimé M. Medvedev.
Le président russe a fait ces déclarations alors que les rebelles libyens ont pris mardi le contrôle du quartier général de Kadhafi dans la capitale Tripoli, portant un coup sévère au régime déjà chancelant et laissant penser que Kadhafi est proche de la fin.
Lundi, le ministère russe des Affaires étrangères semblait déjà considérer que le régime de Khadafi était moribond en indiquant s’attendre à un transfert “imminent” du pouvoir aux rebelles en Libye après la prise de Tripoli.
Face au conflit en Libye, le président russe a tenu à souligner mercredi que la Russie avait une position prudente et qu’elle “observait le développement des évènements”.
Selon Dmitri Medvedev, la Libye doit rester unie, indépendante et souveraine et développer “des relations étroites avec les autres pays”.
Moscou s’était abstenue avec la Chine lors du vote au Conseil de sécurité de la résolution 1973 qui a permis l’intervention internationale en mars en Libye, mais a par la suite vivement dénoncé les conditions de sa mise en oeuvre par les Occidentaux, et n’a eu de cesse de prôner la fin de l’ingérence et une solution négociée.
Et si la Russie a appelé au départ de M. Kadhafi, elle a cependant refusé en juillet de reconnaître avec les Occidentaux, réunis au sein du groupe de contact, le CNT comme “seule autorité” du pays.