La solidarité doit être axée sur le développement local et communautaire
Le ministre de la Solidarité nationale et de la Famille, Saïd Barkat, a indiqué hier à Tipaza, que la solidarité nationale « ne doit pas se limiter à la distribution de colis alimentaires », mais plutôt doit porter sur « le soutien au développement local et communautaire ».
Visitant le Centre national d’accueil des femmes victimes de violences et en situation de détresse (CNFVSD), connu sous le nom de « Dar Yasmine » de Bou Ismaïl, et le SAMU social de Hadjout, le ministre a sensibilisé les responsables du secteur sur la nécessité de veiller à une insertion sociale et professionnelle des personnes accueillies, car, a-t-il dit, « la meilleure façon d’aider une personne en difficulté, c’est de la former pour la rendre autonome ». Au cours de sa visite dans le centre d’accueil des femmes en détresse, M. Barkat s’est intéressé à la question de la réinsertion familiale des femmes et des jeunes filles accueillies (au nombre de 32), tout en incitant la directrice à dépasser la formation classique (couture, cuisine, coiffure) en encourageant les pensionnaires à se former dans les CFPA de la région et d’apprendre de nouveaux métiers. « Pour ce faire, une banque de données est en cours de préparation au niveau de l’ANGEM pour offrir une nouvelle gamme de métiers à développer dans le cadre du micro-crédit qui peuvent aussi profiter aux femmes du centre de Bou Ismaïl ou encore du centre de Hadjout », a indiqué dans ce contexte le ministre. A l’issue d’une formation qualifiante, ces dernières, a ajouté M. Barkat, « pourront se lancer dans le monde du travail en créant une activité, tout en bénéficiant de locaux des programmes d’insertion des chômeurs ». Le ministre a appelé les responsables à « un peu plus d’imagination » en matière de gestion des centres d’accueil qui, « en plus de leur offrir un abri temporaire, peuvent être une perspective pour aller de l’avant, se former, voire nourrir des projets en vue de leur réinsertion dans la société à défaut de l’être dans leur propre famille ». Les deux centres d’accueil des personnes en détresse vont bénéficier d’une enveloppe complémentaire pour achever les travaux de réalisation d’une extension au niveau du centre des femmes qui a permis de réaliser une vingtaine de chambres pour les pensionnaires, grâce à une AP initiale (autorisation de programme) de 30 millions de dinars, ainsi que pour le centre de transit de Hadjout qui a accueilli 96 personnes depuis son ouverture en décembre 2010. Au SAMU de Hadjout, qui sert actuellement de transit pour les personnes en difficulté (enfants et personnes âgées), le ministre a insisté auprès des responsables à faire la différence entre une personne SDF (sans domicile fixe) ou en détresse et une autre atteinte de maladie mentale. La présence des personnes malades dans les centres de la solidarité nationale, a insisté le ministre, « au-delà du fait qu’elle ne leur rend pas service car ces structures ne disposent pas de moyens adéquats pour leur prise en charge sanitaire, perturbe les pensionnaires accueillis qui doivent trouver des lieux de repos et de sérénité pendant leur séjour pour pouvoir redémarrer leur vie dans de bonnes conditions ».