La tournée au Maghreb de Rice, nouvel épisode de la lutte contre al-Qaïda
La tournée que la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice vient d'effectuer au Maghreb, marquée par une visite historique en Libye, représente un nouvel épisode de la “guerre” de Washington contre le terrorisme, et notamment contre la nébuleuse al-Qaïda.
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La lutte contre le terrorisme a figuré au centre des entretiens de Mme Rice de Tripoli, où elle était la première chef de diplomatie américaine à se rendre depuis 55 ans, à Tunis, Alger et Rabat, où elle s’est rendue pour la première fois depuis son arrivée à la tête du département d’Etat.
Tout au long de sa tournée, Mme Rice a fait allusion à l’importance pour les pays de cette région largement désertique, aux frontières traditionnellement poreuses, à “partager les informations” pour éviter des
contacts entre groupuscules terroristes.
“Il est clair qu’il y a des problèmes de terrorisme et qu’il faut une coopération antiterroriste entre les partenaires de la région, entre les pays de la région, et avec les Etats-Unis”, a-t-elle déclaré dimanche à Rabat.
Pour “aider les pays de cette région à adopter une approche plus unie face aux défis auxquels ils sont confrontés”, Mme Rice a précisé qu’elle participerait en septembre à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, à une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union du Maghreb Arabe (UMA), qui compte la Libye, la Tunisie, l’Algérie et le Maroc, ainsi que la Mauritanie.
Mme Rice n’a pas précisé si la Mauritanie, dont le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi a été déposé par un coup d’Etat, participerait à cette réunion. Mais selon un responsable du département d’Etat ayant requis l’anonymat, la réunion pourrait se tenir sans représentant mauritanien.
La réconciliation spectaculaire de l’administration Bush avec le leader libyen Mouammar Kadhafi, récompensé pour avoir renoncé à ses armes de destruction massive, est donc aussi destinée à s’assurer de la continuité
territoriale du dispositif antiterroriste mondial, a expliqué un haut responsable américain aux journalistes accompagnant Mme Rice dans sa tournée.
De même, les Etats-Unis vont “soutenir” une nouvelle médiation de l’ONU sur le conflit du Sahara Occidental, qui empoisonne les relations entre l’Algérie et le Maroc depuis plus de 30 ans.
“Ce que nous cherchons, c’est un règlement mutuellement acceptable de ce problème. Il est temps qu’il soit réglé”, a déclaré Mme Rice qui s’exprimait au cours d’une conférence de presse commune avec son homologue marocain Taïeb Fass-Fihri.
Elle a annoncé qu’une nouvelle session de négociations débuterait prochainement, notant que de “bonnes idées sont sur la table”.
La menace terroriste a pesé sur l’ensemble de la tournée de Mme Rice au Maghreb, notamment en Algérie, un jihadiste ayant appelé la branche Al-Qaïda au Maghreb islamique à assassiner la secrétaire d’Etat à l’occasion de cette tournée.
Des mesures de sécurité importantes avaient été prises, même si Mme Rice a paru minimiser cette menace lors de son passage à Alger. “Les terroristes essaient. Ils choisissent des cibles et malheureusement il y a eu une série d’explosions ici. Je ne pense pas qu’un risque particulier existe dans cette région”, a-t-elle dit.