Lamamra et Fabius nient l'existence de forces algéro-françaises en Libye
Le ministre français des Affaires étrangères et du Développement international, Laurent Fabius, a manifesté le souhait de Paris de voir l’Algérie accorder davantage de facilités aux sociétés françaises d’investir en Algérie.
En visite officielle de deux jours en Algérie, le ministre français des Affaires étrangères a été interrogé sur une éventuelle demande de supprimer la règle 51/49 de 2009. En réponse à cette question, Laurent Fabius a expliqué que si l’on demandait à la délégation qui l’accompagnait, composée de chefs d’entreprises françaises, ils demanderaient peut-être de la supprimer. Toutefois, il souhaite que les autorités algériennes accordent des facilités aux compagnies françaises exerçant en Algérie et celles qui veulent y investir. Sur ce sujet, le chef de la diplomatie française insiste sur le fait que ce qui est le plus important ce n’est pas la règle 51/49 décidée par l’Algérie en toute souveraineté, mais c’est plutôt la réponse aux préoccupations des investisseurs et la stabilité des lois organisant l’investissement étranger.
S’agissant de la situation sécuritaire au Mali, Laurent Fabius a salué, lors de la conférence de presse qu’il a animée conjointement avec son homologue Ramtane Lamamra, le rôle joué par l’Algérie en tant que médiatrice entre les différentes parties au conflit et ses tentatives de trouver une solution qui arrange toutes les parties.
Par ailleurs, il a indiqué que la France souhaite aider l’Algérie qui joue le rôle de « facilitateur » dans ce domaine, tout en défendant à nouveau l’intervention militaire française au Mali et en Centrafrique et le suivi des résultats de son intervention en Libye, affirmant que la France est intervenue à la demande des pays concernés. « N’était l’intervention française au Mali, Bamako serait tombée dans les mains des groupes terroristes », insiste-t-il en niant que Paris ait le désir de jouer le rôle de gendarme dans la région.
Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra et son homologue français ont nié l’existence de forces algéro-françaises aux côtés des forces américaines en Libye.
Sur ce sujet, Laurent Fabius a dit que «ce sont des allégations qui ne reposent sur aucune réalité», tandis que Ramtane Lamamra a renvoyé les journalistes aux propos tenus, il y a une semaine, par Abdelmalek Sellal devant les parlementaires, lequel a nié toute intervention algérienne sur le sol libyen. « Je ne peux dire plus ce que ça », ajoute Lamamra.
Cependant, Laurent Fabius a affirmé que la lutte antiterroriste nécessite la discrétion et l’efficacité ce qui laisse entendre que l’infirmation d’existence de forces algéro-françaises en Libye n’est qu’une déclaration de responsables.
Le chef de la diplomatie française a également affirmé l’importance de la sécurité dans la région du Sahel et au Maghreb pour l’Algérie, la France et l’Europe, exprimant par l’occasion les préoccupations des deux pays quant à la situation qui prévaut en Libye et au Mali.
Tout comme il a confirmé que son pays et l’Algérie «travaillent côte à côte dans la lutte contre les groupes terroristes». «Nous avons une vision commune sur ce sujet», ajoute Laurent Fabius.
Interrogé sur sa visite qu’il effectue en Algérie, le ministre français des Affaires étrangères a indiqué qu’elle était d’une grande importance et qu’elle était en premier lieu une visite d’amitié et de coopération ayant trois objectifs économique, sécuritaire ainsi que la circulation des personnes entre l’Algérie et la France où vit une importante communauté algérienne, en saluant l’excellente coopération entre Alger et Paris.