Français

L’ancien vice-ministre égyptien des Affaires étrangères, Abdullah Al-Ashaâl: « La situation en Égypte pourrait exploser d'une façon plus grave que de ce qui s'est passé en Tunisie »

الشروق أونلاين
  • 1640
  • 0

La révolte menée par les Tunisiens contre l’ancien régime pourrait s’étendre dans d’autres pays arabes à l’instar de l'Égypte. Ce dernier a connu une importante crise économique ainsi que des conflits ethn ico-religieux qui ont induit de violentes manifestations et protestations le mois dernier. Abdullah Al- Ashaâl a donné son avis lors de son interview avec le journal Echorouk, sur les derniers développements de la situation dans le pays des pyramides.

 

 

Echorouk : Pensez-vous que les événements survenus récemment en Tunisie pourraient s’étendre en Égypte ?

 Abdullah : La probabilité d’atteindre l’Égypte est plus patente qu’en Tunisie, parce que la moyenne de la  croissance en Tunisie n’a connu de baisse que l’année dernière. Par contre, en Égypte, il existe 5 dossiers qui menacent l’éclatement de la situation interne du pays :

1-La violente crise économique, la montée du taux de chômage, la corruption ont engendré un grand  écart dans les revenus. Il existe donc deux classes sociales : la première est hautement riche disposant des richesses du pays et l’autre est sous le seuil de pauvreté.

2-L’absence de démocratie effective. C’est ce qui a été enregistré lors des élections législatives qui ont connu des  fraudes massives et flagrantes ainsi que la mise à l’écart des partis de l’opposition.

3-Le régime égyptien vise à héritier du pouvoir en plaçant le fils de Moubarak, ce qui a été catégoriquement refusé par les partis de l’opposition ainsi que de l’ensemble du peuple égyptien.

4-L’échec de l’État dans son approche des problèmes ethnico-religieux qui ont entraîné une haine entre musulmans et coptes.

5-Le rôle qu’a joué l’Égypte a induit à la séparation de la partie Sud du Soudan. Cette situation aura sans doute un impact négatif sur le dossier des eaux du Nil qui constitue le moteur du pays.

 Echorouk : Selon vous, est-ce un plan sioniste qui est derrière ce qui se passe actuellement en Tunisie en particulier ainsi que dans  le monde arabe en général ?

 Abdullah : Effectivement, le plan sioniste est connu par sa visée de créer un nouveau Moyen-Orient pour atteindre le souhait des juifs. Pour rappel, ce plan a pour but de diviser l’Égypte en trois (3) communautés : musulmane dans le nord du pays, chrétienne dans le sud ainsi que la communauté de Nouba. Si l’Égypte ne parviendra pas à examiner ces cinq (5) dossiers sus-cités, la situation éclatera entre musulmans et chrétiens et entre riches et pauvres.

Echorouk : Comment expliquez-vous le refus des pays occidentaux à l’instar de la France d’accueillir l’ancien président tunisien, bien que ces deux pays ont  de bonnes relations? Pour rappel, c’était l’Arabie Saoudite qui l’avait accueilli.

 Abdullah : La France ne voulait pas perdre le peuple tunisien en recevant Ben Ali sur son territoire. Cela,        peut-être servira de leçon pour les régimes arabes. Les Occidentaux ne se soucient donc que de leurs intérêts. Ils dénigrent les dirigeants arabes. Probablement que le cas du Chah d’Iran en est une autre preuve. Malgré qu’il était le premier sujet des États-Unis au Moyen-Orient,ces derniers l’ont laissé à son sort, après la révolution iranienne et ont même refusé de le soigner de son cancer. Pour l’Arabie Saoudite, je ne comprends toujours pas comment elle a accueilli ce président corrompu, alors que ce pays applique la Charia.

 Echorouk : Quelle  serait, selon vous, la   meilleure démarche à  entreprendre pour sortir le pays  de l’ornière ?

 Abdullah : Je conseille les politiques de constituer un gouvernement de salut  national autre que le gouvernement qui est actuellement au pouvoir. Ce gouvernement aura pour mission de sortir le pays de l’impasse.

Echorouk :  Quelle  est votre opinion concernant l’impact de la séparation du Sud-Soudan sur la sécurité arabe en général et sur l’Égypte en particulier ?

 Abdullah: La séparation du Sud-Soudan n’est que le fruit d’un plan sioniste qui vise non seulement à déchirer le Soudan mais aussi toute la région arabe. Cette visée sioniste a été bien claire lors des déclarations  du vice-chef du gouvernement du Sud-Soudan et du vice-président du parti du Mouvement populaire pour la libération du Soudan, que ce nouveau État va s’ouvrir aux autres États y compris Israël.

Le ministre de l’Irrigation égyptien a affirmé que la quotepart de l’Égypte en matière des eaux du Nil ne sera pas affectée par la séparation du Sud-Soudan.

Ces déclarations qualifiées d’ironiques viennent alléger une certaine tension.Une chose est sûre, c’est cette quotepart  de l’Égypte sera affectée sans doute dans les jours à venir..

 

 

 

مقالات ذات صلة