Le brasier demeure allumé au Congo-Kinshasa
Le président congolais Joseph Kabila multiplie ce vendredi les initiatives diplomatiques sur le conflit au Nord-Kivu, où l’ONU a décidé d’envoyer trois mille casques bleus supplémentaires. Cette démarche onusienne laisse la rébellion sceptique quant à son aptitude à résoudre la crise.
- Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté ce week-end une résolution relevant temporairement de plus de trois mille hommes les effectifs de la Mission de l’ONU en République Démocratique du Congo (Monuc), qui compte déjà dix-sept-mille hommes, dont cinq mille dans le Nord-Kivu en proie à des violences depuis près de trois mois.
- Le gouvernement congolais s’est félicité de la décision du Conseil de sécurité tout en souhaitant le renforcement du mandat de la Monuc qui doit expirer le 31 décembre prochain. La rébellion congolaise, le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda voit autrement les choses et affiche son scepticisme face à ce renforcement des casques bleus. Elle met en garde contre une “surmilitarisation” de la région. Cette décision “est la preuve de l’engagement de la communauté internationale au chevet des Congolais”, a réagi le porte-parole de la rébellion. “Mais plutôt qu’une surmilitarisation de la région, l’ONU devrait plutôt faire en sorte que les belligérants négocient le plus vite possible”, a souligné Bertrand Bisimwa.
- Le président de la République démocratique du Congo lui opte pour une concertation régionale et intensifie ses sorties diplomatiques pour discuter notamment des problèmes de sécurité “qui déstabilise la démocratie” dans l’est de la RDC, selon le communiqué de la présidence. Joseph Kabila, s’est rendu ce vendredi en Angola, vieil allié de Kinshasa et poursuivra son périple au Congo-Brazzaville puis au Gabon. Kinshasa annonce également pour la semaine prochaine, un sommet extraordinaire des dirigeants de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC) sur la crise congolaise, en attendant l’arrivée des renforts de la Monuc.
- Sur le terrain, la situation reste inchangée même si le sifflement des balles s’est tu au Nord-Kivu qui observe une relative accalmie ce vendredi.
- L’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty international continue de faire état de meurtres, viols, enlèvements d’enfants et pillages. Des actes qui continueront, estime l’organisation, tant que la protection des populations n’est pas effectivement assurée. Pour assurer cette protection aux civils, Amnesty international compte justement sur le renforcement des casques bleus. Mais ne serait-ce pas là un faux espoir ? Car rappelons-le, avec ses dix-sept-mille hommes actuels, la MONUC est la plus importante mission de maintien de la paix de l’ONU déployée dans le monde, mais elle n’a pas réussi jusque-là à arrêter les combats, protéger les civils ou stopper l’avancée des rebelles, qui a provoqué le déplacement d’un quart de million de personnes dans l’est du pays. Les trois mille futurs arrivants seront ils alors des faiseurs de miracles ? Sont-ils des super-hommes capables de révolutionner le Congo-Kinshasa ?