Le candidat socialiste accusé de brader la place de la France à l'ONU
Le candidat socialiste à la présidentielle française, François Hollande, était accusé vendredi par la droite et le centre de brader la place de la France à l'ONU, son accord de gouvernement avec les Verts évoquant la suppression du droit de veto au Conseil de sécurité.
“La seule arme qui permette encore à la France d’être au rang des puissances majeures, cette arme-là, on la supprime, on la gomme”, s’est insurgé le candidat centriste, François Bayrou.
Selon le texte de l’accord, en cas d’arrivée au pouvoir de la gauche, “la France fera des propositions précises pour réformer et démocratiser l’ONU afin qu’elle structure un ordre juridique et normatif global: siège européen, suppression du droit de veto, meilleure représentativité des pays du Sud au sein du Conseil de Sécurité, renforcement du rôle des ONG”.
Le chef du parti présidentiel UMP Jean-François Copé a appelé “solennellement” vendredi François Hollande à “sortir de l’ambiguité” créée par ce passgage du texte.
“Le PS (parti socialiste) et les Verts laissent supposer qu’un siège européen, sans droit de veto, pourrait remplacer les sièges permanents avec droit de veto occupés aujourd’hui par la France et la Grande-Bretagne au Conseil de sécurité de l’ONU”, a-t-il déclaré.
Le ministre de l’Intérieur Claude Guéant, très proche de Nicolas Sarkozy, avait accusé mercredi François Hollande “d’organiser l’abaissement de la France dans les instances internationales”.
Le Parti socialiste a assuré qu’il ne s’agissait pas de renoncer à quoi que ce soit unilatéralement. Mais la dirigeante du parti écologiste Cécile Duflot a affirmé vendredi que le droit de veto dont dispose la France, comme les quatre autres membres permanents du Conseil de sécurité, est “anachronique”.
Cécile Duflot a répondu “non” lorsqu’on lui a demandé si elle serait hostile à un renoncement au droit de veto. “Ce qui ne me gênerait pas c’est qu’il y ait un rééquilibrage des responsabilités au sein de l’ONU. C’est quand même un peu anachronique, c’est historique, c’est 1946, mais c’est anachronique”, a-t-elle dit.