Le dossier des “crânes” refait surface
Les autorités algériennes n’ont toujours pas introduit une demande officielle auprès de leurs homologues françaises pour récupérer les crânes des résistants algériens exposés au Muséum national d’histoire naturelle à Paris. C’est ce qu’a affirmé Lakhdar Benkhellaf, chef du groupe parlementaire de l’Alliance Adala-Ennahda-Bina.
“D’après les informations disponibles, la demande officielle de l’Algérie pour la restitution des restes mortuaires des révolutionnaires algériens n’est toujours pas adressée aux autorités françaises. Du coup, celles-ci ne peuvent pas agir et demander aux parlementaires d’adopter une loi qui stipule que les crânes des résistants algériens ne font pas partie des collections nationales françaises”, a écrit Benkhellaf dans une question écrite remise au ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni.
“Où on en est de l’opération de récupération des ossements des martyrs (Chouhada), qui se sont sacrifiés pour que l’Algérie soit libre et indépendante, d’autant plus que leurs proches les attendent depuis près de deux siècles pour les enterrer – à travers des funérailles officielles dignes de leurs sacrifices- dans le sol qu’ils ont irrigué de leur sang?”, s’est interrogé le parlementaire.
Le député a également rappelé au ministre ses propos tenus récemment quant aux “démarches entreprises pour le retour des restes des premiers martyrs algériens entreposés au Musée de l’homme à Paris”, insistant sur la nécessité de soulever la question à l’occasion du 63e anniversaire du déclenchement de la Guerre de libération nationale.
“Nous pensons que le consentement inconditionnel des autorités algériennes pour le transfert en France des restes d’un soldat français enterré à Oran pour être inhumé par sa famille est un signal fort pour résoudre la problématique de la restitution des crânes de nos martyrs. Hélas! La France a obtenu ce qu’elle veut sans que l’Algérie ne lui exige en contrepartie la remise des ossements de ses résistants”, a-t-il déploré.